Actualités, points de vue 0 comments on Conférence du Forum Averroes ,Tunisie Compétences et NDAW : Elections en Libye et nouveaux conflits entre Alger et Rabat .. Par Kamel Ben Younes

Conférence du Forum Averroes ,Tunisie Compétences et NDAW : Elections en Libye et nouveaux conflits entre Alger et Rabat .. Par Kamel Ben Younes

 

La Tunisie, les pays du Maghreb et de la région du Sahel et du Sahara auront-ils droit à une période de stabilité, de relance économique, de développement durable et de démocratisation ?

Cette problématique était récemment discutée par une trentaine d’experts tunisiens, maghrébins et de la région euro méditerranéenne, à l’occasion d’une conférence- débat sur les prochaines élections en Libye et les effets géostratégiques des nouveaux conflits entre Rabat et Alger.

Avaient participé à cette conférence – débat des experts du centres d’études strategiques arabo africaine Averroès ,de l’association  » Tunisie Compétences  » et de » NDAW » ( Network of Democrats in Arab World , le « Réseau des démocrates au monde arabe » ).

Les présentations et discussions avaient mis le point sur les dimensions régionales et mondiales des nouveaux conflits politiques , sécuritaires et géostratégiques en Libye, dans les régions du Maghreb , du Sahel et du Sahara africain et dans la méditerranée .

« Report » des élections en Libye

Les intervenants ont confirmé que les conflits internes et internationaux en Libye s’aggravent et risquent de provoquer le « report », voir même l’annulation , des élections présidentielles et parlementaires programmées pour le 24 décembre 2021 .

Il s’agit selon la majorité des experts d’une « guerre par procuration » dont le sort est lié aux conflits militaires , sécuritaires et politiques qui paralysent la majorité des pays du « grand moyen orient » depuis une vingtaine d’année et surtout depuis 2011 et le déclenchement des « révolutions arabes».

Les conflits d’intérêts internes, régionaux et internationaux risquent d’avorter les « processus de résolution politique» des « guerres civiles » au sein de la Libye et autres pays de la région, y compris en Tunisie dont la « déstabilisation » aurait des impacts très dangereux sur ses voisins et toute la région euro-méditerranéenne .

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Ingérence

Ces mêmes conflits d’intérêts compliquent les divergences et tensions entre les pays du Maghreb, de la région du Sahel et du Sahara. Ils accélèrent « l’ingérence étrangère » et les risques de nouvelles tensions, notamment entre le Maroc et l’Algérie, au Mali ,au Nigeria, au Niger, au Tchad ,au Soudan, à Djibouti ou entre l’Egypte et l’Ethiopie…

Les participants avaient expliqué l’implication de dizaines de pays du monde entier dans les conférences internationales sur les conflits en Libye, en Syrie , au Soudan , au mali ..etc par les « divergences » et « nouveaux conflits d’intérêts » entre les principaux acteurs étrangers dans ces pays, dont la France ,la Russie, la Chine, la Turquie, les USA, les pays du Golfe et Israël .

Conflits Alger- Rabat

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Les risques d’instabilité et d’insécurité se sont multiplié après l’émergence de nouvelles tensions entre L’Algérie et le Maroc et la montée de la tension au Mali, au sud de Sahara et à l’Est de la Méditerranée entre les grandes capitales européennes , Ankra, Pekin, Moscou et Washington ..

Les intervenants marocains et algériens ont relevé des discordances en analysant l’émergence de la nouvelle tension entre Rabat et Alger et les causes du nouvelles menaces sécuritaires .

Cependant la majorité des intervenants avaient lancé un appel au dialogue politique Algero – Marocain à haut niveau pour éviter tous les scenarios du déclenchement d’une « confrontation armée » , l’ouverture des frontières et au relance de la coopération bilatérale et régionale ..

Pour le dossier libyen les conférenciers ont recommandé aux décideurs politiques dans les pays du Maghreb, du monde arabe et de la région Euro Méditerranéenne de « surmonter leurs querelles classiques » et les « guerres par procuration » pour réussir à jouer un rôle dans le processus politique puis dans l’étape de la « reconstruction » et du « réinvestissement » .Si non les grandes capitales mondiales vont avoir le dernier mot et auront l’occasion pour marginaliser les pays voisins de la Libye dans les » prochains grands marchés ».

Des appels on été lancé pour l’évacuation des forces et milices étrangères implantées sur tout le territoire libyen , tout en renforçant les mesures de sécurité et de prévention pour éviter « la fuite » de mercenaires et terroristes vers la Tunisie et autres pays de voisinage libyen .

Toutefois l’engagement international en faveur des processus politiques et démocratiques en Libye pourrait être une chance non seulement pour le peuple libyen , mais aussi pour la Tunisie et la région .

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Russie, Israël, Turquie ou la France : les Maghrébins deviennent de plus en plus les « valets » des puissances étrangères

Le Maghreb se désarticule et se disloque sous les yeux de ses populations. L’Algérie et le Maroc au bord d’une confrontation armée, influence et lobbying israélien de plus en plus puissant au Maroc et de plus en plus sournois en Mauritanie, une Libye entièrement divisée en deux parties par la Turquie et la Russie d’un côté, l’Egypte, les Emirats Arabes-Unis et le Qatar de l’autre. Une Tunisie au bord de la faillite et en proie à des tentations totalitaires encouragées par Abu Dhabi et Riyad, le Maghreb n’a jamais connu une situation aussi complexe et dangereuse concernant son intégrité territoriale et sa souveraineté nationale. 

Les récents évènements qui ont ébranlé la région démontrent la véracité de cette alarmante lecture: le Maghreb s’entre-déchire au grand bonheur des puissances étrangères qui s’implantent vigoureusement sur son territoire pour planter leurs intérêts et une influence malsaine sur la gestion des affaires internes des pays maghrébins. La Tunisie est devenue, à ce titre, un champ d’affrontement entre l’axe Abu Dhabi-Riayd et Anakara-Doha. Et cette confrontation depuis au moins depuis 2018.

Le Qatar et la Turquie proches des Frères musulmans et de nombreux courants révolutionnaires arabes étaient aussi dans cette optique. L’Arabie saoudite et les EAU ont, quant à eux, choisi la voie adverse. Et la Tunisie est devenue le premier laboratoire de cette confrontation qui ébranle tout le Monde Arabe en général et le Maghreb en particulier.

Dix ans après le printemps arabe qui a porté au pouvoir le parti islamo-conservateur tunisien et proche des Frères musulmans Ennahda, le Qatar et la Turquie ont plus que jamais les yeux rivés sur Tunis depuis le coup de force amorcé fin juillet dernier par Kaïs Saïed. Le président tunisien avait gelé les activités du Parlement au sein duquel Ennahda est la principale formation, avant de démettre ensuite le chef du gouvernement et le ministre de la Défense de leurs fonctions et de s’arroger le pouvoir exécutif. Si elle porte un coup à l’ordre institutionnel établi dans le sillage de la chute de Zine el-Abidine Ben Ali en 2011 qui a été suivi d’une transition démocratique, cette décision a aussi renversé les pions stratégiquement placés par l’axe turco-qatari en Tunisie en vue d’élargir son influence au Maghreb.

Prônant une vision régionale basée sur l’islam politique – bête noire de Riyad et Abou Dhabi –, Doha et Ankara se sont employés à renforcer leurs liens avec Tunis au cours de ces dix dernières années, notamment à la faveur de la présence d’Ennahda au sein du gouvernement tunisien entre 2011 et 2013. « Les relations du Conseil de coopération du Golfe (CCG) avec la Tunisie peuvent être vues sous le prisme de la compétition régionale pour l’influence et le pouvoir », a fait observer récemment Dania Thafer, directrice exécutive de l’institut Gulf International Forum (GIF) basé à Washington. « La Tunisie représente un champ de bataille stratégique pour les alignements géopolitiques des pays du CCG en Méditerranée », avait-elle poursuivi dans une déclaration dans les colonnes du quotidien libanais L’Orient le Jour.

Pour l’heure, face à cette confrontation qui se déroule en Tunisie, l’Algérie et le Maroc n’ont strictement aucune influence. L’Algérie, le grand voisin de la Tunisie, est elle-même passive et se contente d’observer le coup de force de Kais Saied qui marque la victoire des Emirats Arabes-Unis et de l’Arabie Saoudite. Pis encore, Alger a accepté de négocier avec Abu Dhabi une certaine complicité avec ce coup d’Etat déguisé du président tunisien en attendant de voir ce que réserveront à la Tunisie les prochaines évolutions de cette crise politique interne. Et si Alger négocie seulement avec une monarchie du Golfe, c’est parce qu’elle n’a pas les moyens d’influencer outre mesure la situation tunisienne étant donnée que l’Algérie est totalement obsédée par le contrôle de « son front politique interne » et de sa guerre froide ouverte contre le Maroc.

Justement, c’est cette maudite guerre opposant Alger à Rabat qui affaiblit tout le Maghreb et ouvre un boulevard royal aux puissances étrangères désireuses d’asservir le Maghreb. Après de longues années de tensions vivaces, le Maroc s’est jeté dans les bras du lobby israélien à la fin de l’année 2020 officialisant ainsi son alignement sur l’agenda et intérêts régionaux de Tel-Aviv.

Les tensions algéro-marocaines ont permis ainsi à Israël de s’engouffrer dans une brèche inespérée et les israéliens disposeront de plusieurs opportunités pour imposer une présence économique et surtout militaire au Maroc. En effet, Israël et le Maroc collaborent dans le domaine du renseignement et du commerce d’armes

Le ministre israélien de la Défense Benny Gantz se rendra au Maroc dans les prochains mois, dans le contexte de reprise des relations entre les deux pays annoncée en décembre dernier, selon certaines sources étrangères. D’après les médias Defence News et Africa Intelligence, le ministre devrait y signer un certain nombre d’accords de coopération en matière de défense, visant notamment à développer une industrie nationale de production de drones censés renforcer la puissance aérienne du Maroc.

Le rapport d’Africa Intelligence indique que BlueBird Aerosystems, filiale du géant de la défense Israel Aerospace Industries (IAI), négocie depuis plusieurs mois avec des équipes marocaines pour développer une pépinière d’entreprises capables de fabriquer de tels appareils. Rabat, note le rapport, s’est intéressé à l’utilisation de drones après que l’IAI a « mis en évidence » dans un argumentaire de vente l’utilisation intensive des drones suicides Harop de sa fabrication par l’Azerbaïdjan, durant la guerre de deux mois qui l’a opposé à l’Arménie l’année dernière.

Face à la militarisation israélienne du Maroc, l’Algérie panique et sollicite une alliance renforcée avec Mouscou. La coopération militaire entre l’Algérie et la Russie se renforce drastiquement en 2021. L’Armée nationale populaire (ANP) a multiplié les exercices militaires. Moins d’une semaine après avoir mené avec succès des manœuvres militaires à la base navale de Mers el Kebir (Oran) les 29 et 30 septembre, elle a participé à un exercice militaire avec l’armée russe en Russie. Les armées algérienne et russe ont effectué pour la première fois des exercices militaires conjoints en Ossétie du sud au sud-ouest de la Russie, avait rapporté au début de ce mois d’octobre l’agence de presse russe Sputnik, citant le service de presse du district militaire Sud.

Il s’agit d’un exercice qui a duré jusqu’au 11 octobre avec la participation de 80 militaires de chaque armée, le premier du genre entre les armées des deux pays. Cet exercice a eu lieu sur le terrain d’entraînement de Tsarskoïe en Ossétie du Nord (Caucase), avait précisé le porte-parole du district militaire Sud Vadim Astafiev, selon Sputnik.

Ce rapprochement militaire accentué entre Alger et Moscou a fortement déplu au Maroc qui s’est embrouillé officiellement avec la Russie. Le 5 octobre 2021, « sur décision des autorités marocaines compétentes, les vols directs entre la Russie et le Maroc ont été suspendus« , s’est exclamé l’ambassadeur de Moscou à Rabat, Valerian Vladimirovich Shuvaev, sur son compte Twitter.

Une semaine après la décision des autorités marocaines, l’ambassade de Moscou au Caire s’est manifestée pour annoncer avoir saisi le secrétaire général de la Ligue des États arabes afin de demander le report de la 6ème édition du Forum de coopération russo-arabe prévu, figurez-vous, le 28 octobre au Maroc. Le motif invoqué par la chancellerie russe est peu convaincant: « Un changement dans l’agenda du ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov ».

La Russie profite également des hostilités opposant l’Algérie au Maroc pour préparer son implantation au Mali avec le soutien financier et politique de l’Algérie qui est prête à tout pour s’offrir une protection de Vladimir Poutine. Depuis la fin de l’été dernier, la junte malienne négocie avec la Russie l’envoi de mercenaires du groupe privé Wagner pour combattre les groupes armés du nord du Mali et supplanter ainsi la présence militaire française qui sera réduite dans les années à venir. Au sud du Maghreb, la rivalité Paris-Moscou ne manquera de modifier brutalement les rapports de force et aggraver les clivages politiques des pays maghrébins.

La Turquie profite aussi de cette conjoncture et se rapproche du Maroc pour lui fournir des armes qu’il pourrait utiliser éventuellement contre le voisin algérien. Et les tensions algéro-marocaines permettent à Ankara de renforcer sa présence en Libye notamment à Tripoli où elle s’est imposée comme le premier protecteur du gouvernement libyen « officiellement légitime » aux yeux de la communauté internationale.

Le jeu des grandes puissances est clair : profiter des divisions des Maghrébins pour les asservir petit à petit et se partager ce vaste territoire aux multiples richesses et jouissant d’un positionnement géographique hyper-stratégique. Et c’est ainsi que les maghrébins deviennent petit à petit les « valets » des russes, turcs, émiratis ou saoudiens. Triste déchéance pour des pays qui rêvaient de construire l’un des blocs régionaux les plus prometteurs durant les années 80.

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L’Iran intègre l’Organisation de coopération de Shanghai menée par Moscou et Pékin

Les membres de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), menée par Moscou et Pékin, ont approuvé vendredi 17 septembre la future adhésion de l’Iran à cette alliance qui se veut un pendant à l’influence américaine, même si son action concrète reste limitée.

« Aujourd’hui, nous allons lancer les procédures pour faire entrer l’Iran en tant que membre de l’OCS », a déclaré le président chinois Xi Jinping lors d’un discours en visioconférence depuis la Chine, selon des commentaires traduits en anglais. Il s’exprimait à l’occasion d’un sommet de l’OCS cette semaine à Douchanbé, la capitale du Tadjikistan. L’organisation inclut également l’Inde, le Pakistan et plusieurs pays d’Asie centrale.

L’adhésion future de l’Iran a été saluée par le président russe Vladimir Poutine et le Premier ministre indien Narendra Modi, qui participaient aussi virtuellement au sommet, ainsi que par le Premier ministre pakistanais Imran Khan, présent physiquement à Douchanbé.

Une demande d’adhésion en 2008
« Acceptez ma gratitude. Que la paix et la bénédiction de Dieu soient avec vous », a déclaré le président iranien Ebrahim Raïssi, également sur place, remerciant les huit membres de l’OCS. « Nous sommes heureux que le document d’adhésion permanente de la République islamique d’Iran à l’Organisation de coopération de Shanghai ait été approuvé à Douchanbé par les dirigeants des pays membres », a réagi dans un tweet le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian. Il a précisé à la télévision iranienne que le processus d’adhésion serait finalisé dans un délai compris entre un an et un an et demi.

L’Iran a demandé à rejoindre l’OCS dès 2008 – avec le vif soutien de la Russie – mais sa candidature avait été ralentie par les sanctions imposées contre le pays par les Nations unies et Washington pour son programme nucléaire.

L’enthousiasme de la presse iranienne
Les journaux conservateurs se sont d’ailleurs largement félicités de l’adhésion de l’Iran à l’Organisation de coopération de Shanghai, rapporte notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi. Pour le quotidien ultraconservateur Kayhan, avec cette adhésion l’Iran contourne les sanctions américaines et occidentales. Cette adhésion renforce le regard de l’Iran vers l’Asie, ajoute le quotidien réformateur Aftab.

Face aux sanctions américaines, le Guide suprême et les conservateurs ont toujours prôné le renforcement des liens politiques, économiques et militaires avec les asiatiques, en particulier la Chine, la Russie et l’Inde. Les conservateurs contrôlent désormais tous les leviers du pouvoir, ce qui leur permet de mettre en oeuvre cette politique.

La Chine est déjà le premier partenaire économique de l’Iran. Téhéran et Pékin ont signé un accord de coopération stratégique de 25 ans notamment pour des investissements chinois dans les secteurs énergétique et automobile. Un accord identique doit être signé prochainement avec la Russie.

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Mercenaires Wagner au Mali : échange tendu entre Paris et Moscou

La nature a horreur du vide. A peine la France a-t-elle annoncé son intention de réduire sa présence militaire au Mali que des révélations sont faites sur des négociations entre les autorités de transition dans ce pays du Sahel, avec la société Wagner, bras armé de la Russie dans plusieurs zones de conflit.

La nouvelle a provoqué un échange tendu entre Paris et Moscou.

Les négociations portent sur le déploiement d’un millier de paramilitaires russes au Mali pour contribuer à la lutte contre les groupes terroristes. L’idée est très mal accueillie par les Occidentaux, dont la France.

Le projet est confirmé par les autorités de transition. Le ministère malien de la Défense a reconnu des pourparlers avec la société russe, tout en indiquant qu’aucune décision n’a été prise. L’agence Reuters a de son côté révélé le montant du contrat et le nombre d’hommes à déployer : un millier de soldats pour 9.5 millions d’euros.

Passé le stade des rumeurs et des révélations, de nombreuses voix s’élèvent pour exprimer des inquiétudes et la France vient de mettre officiellement en garde Moscou sur les conséquences d’un tel déploiement.

Son ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a rencontré son homologue russe, Sergueï Lavrov, en marge de la 76e session de l’assemblée générale de l’ONU à New York (20-28 septembre) et lui a fait savoir les inquiétudes de son pays.

« Sur le Mali, le ministre a alerté son homologue russe sur les conséquences graves d’une implication du groupe Wagner dans ce pays », a indiqué vendredi 24 septembre le Quai d’Orsay. La France estime qu’une présence russe sur le terrain est « incompatible » avec sa mission dans le Sahel. En réponse, Lavrov a confirmé la demande malienne à la société Wagner, tout en affirmant que le gouvernement russe n’était pas concerné.

« Les autorités maliennes se sont tournées vers une société militaire russe privée parce que, si je comprends bien, la France veut réduire considérablement son contingent qui était censé lutter contre le terrorisme dans le Nord », a déclaré samedi Lavrov, selon les agences.

Le chef de la diplomatie russe a reproché aux Français de n’avoir « rien fait » au Mali. « Ce sont les terroristes qui mènent la danse » dans ce pays, a-t-il dit.

La Russie a toujours démenti l’intention qu’on lui prête d’avoir une présence militaire dans le Sahel. Elle nie aussi tout lien avec la société paramilitaire Wagner, officiellement établie en Argentine.

Mais les Occidentaux accusent Wagner d’être le bras armé de la Russie pour le compte de laquelle il a agi, en déployant également des milliers d’hommes, en Syrie, en Libye et en Centrafrique.

Un projet qui divise
Les Européens estiment que Wagner, accusée d’exactions dans les pays où elle a déployé ses hommes, n’a pas les mêmes règles de prudence et le même engagement à respecter le droit de guerre et les droits humains que les forces onusiennes.

Si le Tchad, pays limitrophe a exprimé son opposition, au Mali, au contraire, l’éventualité de la venue de Wagner n’est pas vue d’un mauvais œil par tout le monde.

Beaucoup la soutiennent du moment que, estime-t-on, les forces internationales en place, celles de l’opération Barkhane sous l’égide de l’ONU, n’ont pas obtenu les résultats escomptés. Le terrorisme sévit toujours dans cet Etat du Sahel.

« Tous ceux qui crient, en disant que le gouvernement du Mali ne doit pas amener des groupes armés non étatiques, alors que le fond du problème est que, les gens sont désemparés, parce qu’on ne voit pas de résultat. Les troupes onusiennes, Barkhane, s’ils avaient des résultats, les gens ne demanderaient pas d’ausculter d’autres horizons », a déclaré Osmane Traoré, porte-parole de l’UNTM, première centrale syndicale du Mali.

Au-delà des motifs d’inquiétude des Occidentaux liés aux méthodes de la société paramilitaire russe, les négociations entamées entre les autorités maliennes et Wagner pourraient, dans le cas de leur aboutissement, marquer un tournant dans la crise du Sahel et du Mali particulièrement.

Avec l’aide de l’ONU et certains pays occidentaux, dont la France, le Mali mène une guerre contre des groupuscules terroristes.

Avec l’arrivée éventuelle de Wagner, ce pays risque de passer sous le giron de la Russie, et de se transformer en un nouveau champ d’affrontement des intérêts des grandes puissances et de déboucher sur la même situation d’impasse des conflits syrien et libyen.

Directement concernée par la situation au Mali, l’Algérie n’a pas réagi aux informations sur l’arrivée éventuelle de mercenaires dans ce pays du Sahel, en proie à des violences armées depuis plusieurs années. A plusieurs reprises, les responsables algériens ont dit que la solution à la crise malienne passait par l’application de l’accord d’Alger.

Conclu en 2015, cet accord prévoit le désarmement de groupes rebelles et leur intégration dans les forces de défense maliennes, mais il tarde à se concrétiser.

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Sahel: «L’Algérie entend prendre toute sa part dans la résolution du conflit»

À l’heure où l’Algérie affirme son retour sur la scène régionale, comment s’implique-t-elle dans le conflit sahélien ? L’Algérie qui est la plus grande puissance de la région, notamment sur le plan militaire, envisage-t-elle une autre forme d’engagement face au terrorisme islamique qui embrase le Sahara et le Sahel au sud de son territoire ? Entretien avec le chercheur Djallil Lounnas.

Djallil Lounnas est un chercheur algérien spécialiste de la mouvance jihadiste, professeur associé de relations internationales à l’université al-Akhawayn, au Maroc. Il est l’auteur de l’ouvrage Le jihad en Afrique du Nord et au Sahel : d’Aqmi à Daech, aux éditions Les Presses de la Fondation pour la recherche stratégique/Harmattan.

RFI : L’Algérie, qui s’est battue contre le terrorisme islamique sur son territoire, ne s’est pas engagée hors de ses frontières lorsque le terrorisme a migré dans le Sahara et le Sahel, dans les pays qui bordent sa frontière sud (Mauritanie, Mali, Niger). Djallil Lounnas, comment analysez-vous ce qui a été, depuis le début de la guerre au Sahel, la position de l’Algérie face à ce conflit ?

Djallil Lounnas : Dans les années 1990, le chef de l’état-major de l’armée algérienne, le général Mohamed Lamari et plus tard son successeur le général Ahmed Gaid Salah, estimaient que l’armée n’avait pas vocation à être déployée à l’étranger. Pour eux, l’armée algérienne devait défendre les frontières et lutter contre le terrorisme à l’intérieur de l’Algérie. C’est ce qui explique pourquoi, jusqu’à aujourd’hui, il n’y a pas eu de déploiement à l’étranger et pourquoi toutes les opérations menées par l’armée pour éliminer des groupes terroristes se sont toujours déroulées sur le sol algérien.

Les frontières entre le sud algérien et le Mali sont poreuses et sont habitées de part et d’autre par des populations touarègues qui circulent beaucoup dans la région et de fait, tout ce qui touche au Sahel affecte directement la sécurité nationale et la stabilité de l’Algérie. Dans les années 1990, l’Algérie a joué un rôle de médiation dans les crises qui opposaient les rébellions touarègues et les gouvernements du Mali et du Niger. Dans ce contexte, l’actuel chef du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à al-Qaïda, Iyad ag Ghali, qui n’était à l’époque qu’un des principaux chefs des rebelles touaregs, a participé avec d’autres à ces médiations avec les autorités de l’époque. Des liens se sont créés, d’autant que les positions d’Iyad ag Ghali rejoignaient souvent celles de l’Algérie, quitte à être parfois en porte-à-faux avec ses compagnons de rébellion. Il signe les premiers accords d’Alger censés mettre fin à la crise, intervient dans des affaires d’otages et plus récemment, en 2020, il montre qu’il est prêt à ouvrir un dialogue avec Bamako. C’est pourquoi les autorités algériennes ont longtemps pensé, et pensent encore, qu’il est possible d’ouvrir un dialogue avec lui.

L’Algérie a toujours été un acteur majeur de la région et elle a toujours œuvré pour préserver l’intégrité du Mali, tout en comprenant qu’il y avait des revendications légitimes des populations touarègues, notamment du fait de la pauvreté, de l’exclusion sociale et économique. La position de l’Algérie a toujours été d’intégrer les Touaregs dans le tissu politique malien, tout en reconnaissant certaines de leurs demandes et en investissant dans des projets économiques et sociaux de développement dans le nord du Mali. Une approche qui a toujours visé à amener les Touaregs à renoncer à leurs revendications autonomistes ou indépendantistes pour maintenir l’unité nationale du Mali. C’est un point très important pour l’Algérie, car elle a toujours craint que ce type de revendication autonomiste ne se développe aussi sur son territoire, notamment parmi ses populations du sud. L’Algérie a cherché à intégrer ses populations touarègues et l’a a fait avec succès, et c’est cette stratégie qu’elle a proposé au Mali.

Mais depuis la dernière rébellion touarègue qui revendiquait l’autonomie de l’Azawad, la situation a totalement changé sur le terrain, avec le développement des organisations jihadistes et de la guerre qui a aujourd’hui embrasé l’ensemble du Sahel.

Effectivement. Vous avez d’abord les problèmes structurels qui ont amené les crises touarègues qui ont perduré. Les accords de 1991, de 2006 et de 2009, qui ont été passés avec les Touaregs, n’ont jamais été réellement appliqués. Et dans les années 2000, le problème terroriste est venu se superposer. Zone de passage pour les groupes terroristes dans les années 1990, le Sahel s’est transformé à partir de 2003 en zone de déploiement permanent pour le GSPC (le Groupe salafiste pour la prédication et le combat). La faiblesse des États sahéliens, l’existence de trafics en tous genres et le fait que l’armée algérienne empêche tout retour des combattant du GSPC en Algérie, en fermant les frontières, va amener le GSPC à rester au Sahel et à s’insérer. Cela attire al-Qaïda et Ben Laden, qui sont alors à la recherche de nouveaux fronts et de nouveaux partenaires, et cela facilitera l’adhésion du GSPC à al-Qaïda sous le nom d’Aqmi (al-Qaïda au Maghreb islamique).

Iyad ag Ghali, qui était un interlocuteur crédible pour Alger, qui avait joué un rôle de médiateur dans les années 2000 pour obtenir la libération d’otages, qui avait même été nommé à l’issue d’une nouvelle rébellion en 2006 conseiller du président puis consul à l’ambassade du Mali en Arabie saoudite avec le soutien d’Alger, va alors se radicaliser, et cela, Alger ne l’avait pas prévu. À l’occasion de son séjour en 2006 et 2007 en Arabie saoudite, il se convertit au wahhabisme. De retour au Mali, Iyad ag Ghali, qui bénéficie d’un grand prestige parmi les Touaregs, s’affirme comme un islamiste radical. Il se détache des rébellions et s’engage dans un autre combat pour l’islam. Il crée Ansar Dine au début 2012, monte en puissance et devient un élément très important dans la stratégie d’Aqmi, avec qui il s’allie. D’autant qu’il entretient depuis les années 2000 de très bonnes relations avec les chefs d’Aqmi, Belmokhtar et Abou Zeid, qui cherchent à cultiver des relations avec les populations touarègues, pour pouvoir se maintenir sur place. Iyad va y contribuer et en remerciement un membre de sa famille, Abdelkrim al-Targui est nommé chef d’une katiba (une unité combattante) d’Aqmi, un fait unique à l’époque pour un chef touareg.

Iyad ag Ghali, le chef du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM)
Iyad ag Ghali, le chef du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) AFP PHOTO / ROMARIC OLLO HIEN
Face à cette évolution, quelle est la stratégie algérienne ?

L’Algérie va alors essayer d’appliquer à la question malienne la stratégie de réconciliation qu’elle a déjà utilisée sur le plan national, quand elle a combattu le terrorisme sur son sol, ce qu’elle appelle « la solution politique ».

Pour les autorités algériennes, le terrorisme se nourrit d’abord du soutien des populations et ensuite des finances. Donc pour elles, la priorité est de séparer la population du groupe terroriste. De plus, l’Algérie pense qu’il est possible de dialoguer avec des brigades et même avec des individus, pour les convaincre de se rendre et de renoncer à la violence, en échange d’une amnistie et de mesures favorisant leur réinsertion sociale. C’est ce qu’elle a fait et l’Algérie estime que c’est comme ça qu’elle a réussi. Entre 1999 et 2015, environ 15 000 terroristes ont bénéficié de ces mesures, le recrutement s’est tari et la violence terroriste a quasiment cessé. Cette stratégie a débouché sur un cessez-le-feu avec l’Armée islamique du salut (AIS) en 1997, sur la destruction du GIA en 2004 et la quasi-disparition d’Aqmi en Algérie.

Donc pour Alger, au Sahel, il faut distinguer les groupes jihadistes des groupes touaregs. Les groupes comme Aqmi, al-Mourabitoune, Mujao, JNIM sont des groupes terroristes à vocation transnationale, qu’il faut séparer des groupes touaregs à visée locale. Pour cela, Alger préconise d’abord de séparer les groupes jihadistes des populations locales. Et ensuite d’engager une lutte anti-terroriste avec le soutien des populations locales contre les jihadistes. Tout en laissant la porte ouverte pour ceux qui veulent se rendre. Les autres restant totalement isolés sont alors éliminés ou contraints de se rendre.

Alger pense que l’échec des rébellions et la non mise en place des accords dans les années 1990-2000 ont été des catalyseurs de radicalisation. Aussi pour Alger, un dialogue avec le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) est possible et souhaitable, ce qui n’est pas le cas pour l’État islamique dans le Grand Sahara (EIGS). Cette « solution politique » est un dialogue inclusif avec tous les acteurs pour un accord politique. Au niveau des demandes territoriales, cette approche propose plutôt une régionalisation, un système fédéral, avec une véritable politique d’intégration sociale des Touaregs, mais pas une indépendance.

Cependant, le processus de réconciliation nationale engagé à la fin des années 1990 en Algérie, et dont est dérivée cette approche, s’est fait dans un contexte de victoire militaire sur les groupes armés et de rejet large et massif des Algériens pour les groupes terroristes. C’est cela qui a permis l’application de cette stratégie. Au Sahel, les conditions sont différentes, les groupes jihadistes sont en position de force et l’État est en situation de déliquescence, de plus les zones rurales qui constituent l’essentiel du Sahel sont totalement hors du contrôle de l’État.

L’Algérie est-elle parvenue à appliquer cette approche au Sahel ?

L’Algérie a été confrontée à plusieurs problèmes dans la mise en place de sa méthode au Sahel. Il y a eu d’abord les accords d’Alger de 2012, qui n’ont pas fonctionné. Iyad ag Ghali qui avait signé un accord en décembre, le rejette deux semaines plus tard, en janvier 2013, pour des raisons qui ne sont pas très claires, et a attaqué avec le Mujao (Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest) les troupes maliennes. Alger est pris de court et considère que Iyad les a doublés.

En avril 2013, le président Bouteflika est victime d’un AVC. Or, en Algérie à cette époque, la diplomatie est l’affaire du président. Cependant, après une période de flottement, les autorités algériennes décident de réagir et rappellent un grand connaisseur du Sahel, Ramtane Lamamra, qui est à l’époque le commissaire pour la paix et la sécurité de l’Union africaine, et le nomment ministre des Affaires étrangères avec pour mission de regagner le terrain perdu par l’Algérie dans les négociations au Sahel, ce qu’il fait.

Le ministre des Affaires étrangères algérien Ramtane Lamamra lors de sa conférence de presse à Alger le 24 août 2021.
Le ministre des Affaires étrangères algérien Ramtane Lamamra lors de sa conférence de presse à Alger le 24 août 2021. AFP – –
Pendant les deux ans qui vont suivre, alors que le président est malade et que le pays est affaibli, l’Algérie va reprendre ses médiations au Sahel et en parallèle, elle va renforcer de manière considérable la fermeture de ses frontières en déployant 80 000 hommes aux frontières libyenne et sahélienne. Le but étant d’interdire tout retour de jihadistes en Algérie, d’autant qu’il y a eu la prise d’otages d’In Amenas en 2013. Ce renouveau d’activité débouche sur les accords d’Alger de 2015, qui sont, bien qu’imparfaits, les accords les plus aboutis à ce jour, où toutes les parties renoncent à accéder à l’indépendance, prévoyant l’intégration des rebelles touaregs dans l’armée et des enquêtes sur tous les massacres et les crimes commis de part et d’autre. Les accords sont signés par toutes les parties, même si certaines ont signé sous pression. Mais en 2015, le Mali est extrêmement affaibli. Les jihadistes de retour sont très offensifs. Les accords ne sont pas mis en place et l’Algérie plonge dans une très grave crise économique et politique interne, qui se traduit par un retrait de l’Algérie de la scène régionale et internationale pendant plusieurs années.

Avec le président Abdelmadjid Tebboune, l’Algérie est-elle de retour au Sahel ?

À partir de janvier 2020, le président Abdelmadjid Tebboune, qui veut surtout s’inscrire en porte-à-faux par rapport à son prédécesseur, s’active pour faire revenir l’Algérie sur la scène internationale, à commencer par son environnement immédiat au Sahel et en Libye. Sur le Sahel, l’Algérie redevient très active pour obtenir la mise en application des accords d’Alger. Il y a des réunions de travail avec différents acteurs comme à Kidal pour mettre en place des institutions transitoires, ou plus récemment avec la visite du ministre des Affaires étrangères, Ramtame Lamamra, au Mali. On observe aussi un fort rapprochement de l’Algérie avec le Niger, qui va abriter à Niamey le siège de Takouba (le nouveau dispositif militaire qui prend la relève de Barkhane).

En décembre 2020, le président Tebboune modifie la Constitution. Alors que l’Algérie s’interdisait toute intervention militaire extérieure, le président intègre deux nouveaux articles dans la Constitution : l’article 91 et l’article 31. L’article 91 dit en substance : « Le président de la République après accord des deux chambres peut déployer l’armée à l’étranger », et l’article 31 dit que l’armée peut participer dans le cadre de mission de la paix, à des opérations de l’ONU, de la Ligue arabe et de l’Union africaine. Un changement qui va susciter beaucoup d’interrogations à l’extérieur et beaucoup de spéculations sur une possible intervention de l’armée algérienne.

Cependant, en mars 2021, le président affirme que l’armée ne va pas intervenir. Il dit alors dans une communication : « Je n’ai pas envie d’envoyer les enfants du peuple se faire tuer pour les autres », et dans une référence à l’Occident, il laisse entendre : « Nous n’irons pas remplacer les Français au Sahel. »

En juin, le ton change. Le président Tebboune fait une nouvelle communication à l’occasion d’une interview du journal Le Point dans laquelle il déclare que « l’Algérie ne laissera pas le Mali devenir un sanctuaire pour les jihadistes », et précise : « Nous pensons que la résolution du conflit ne peut se faire que dans le cadre des accords d’Alger », confirmant l’option de la solution politique. Toutefois, à la question : « L’Algérie va-t-elle intervenir militairement ? », le président répond : « On n’en est pas encore là pour l’instant. » Donc l’Algérie ne compte pas intervenir militairement mais ne l’exclut pas si la situation l’exigeait.

Alger reste extrêmement prudent sur l’option militaire. L’Algérie a toute la puissance et les moyens de projection mais sa principale crainte, c’est un enlisement. Elle se contente pour l’instant de renforcer sa présence aux frontières. Alger a réactivé récemment son initiative de 2009 pour la création d’un comité d’état-major opérationnel conjoint avec le Niger, la Mauritanie et le Mali, basé à Tamanrasset. Elle développe sa coopération militaire en formation et en armement avec le Niger, tout en multipliant les initiatives au Mali pour mettre en place un accord de paix. L’Algérie est donc bien de retour et elle entend prendre toute sa part dans la résolution du conflit au Sahel.

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Banque centrale de Tunisie : Profonde préoccupation face à la situation financière critique

La Banque centrale de Tunisie (BCT) s’est déclarée « préoccupée par le tarissement aigu des ressources financières extérieures, face aux besoins importants pour boucler le Budget de l’Etat pour l’année 2021 », y voyant la traduction de « craintes des bailleurs de fonds internationaux au vu de la détérioration de la notation souveraine de la Tunisie et l’absence d’un nouveau programme avec le FMI ». Elle a tiré la sonnette d’alarme quant à « la dégradation des finances publiques, pâtissant de leur situation vulnérable, ainsi que la hausse des cours internationaux du pétrole », qui « sont de nature à compromettre la soutenabilité de la dette publique, outre les effets négatifs de l’accroissement de l’endettement du secteur public auprès du système bancaire sur sa capacité à financer les opérateurs économiques. La BCT estime « que la persistance de cette situation engendrera des répercussions fortement négatives sur les équilibres extérieurs et sur le marché des changes. »

Dans un communiqué publié à l’issue de la réunion, mercredi de son conseil d’administration, la BCT a « réitéré ses profondes préoccupations face à la situation financière actuelle critique, soulignant la nécessité d’accélérer la transmission des signaux clairs aux investisseurs locaux et étrangers quant au rétablissement du rythme de l’activité économique et des équilibres globaux et financiers, la consolidation de la gouvernance du secteur public, l’amélioration du climat des affaires et l’intensification des efforts d’investissement. »

Par ailleurs, le conseil a décidé de maintenir inchangé le taux d’intérêt directeur de la Banque Centrale de Tunisie.

Communiqué

Le Conseil d’Administration de la Banque Centrale de Tunisie a tenu sa réunion périodique le mercredi 06 octobre 2021 et a débattu des différents points inscrits à son ordre du jour. Au début de ses travaux, il a passé en revue les développements récents de la conjoncture sur les plans économique, monétaire et financier, notamment les données relatives à l’activité économique. En effet, le PIB a affiché au cours du deuxième trimestre 2021 une hausse de 16,2% par rapport à la même période de l’année écoulée et une baisse de 2% comparativement au trimestre précèdent, en raison surtout de l’effet de base induit par la contraction de l’activité économique durant la même période de l’année précédente. Ces résultats soulignent aussi le redressement relatif de certains secteurs, notamment les industries manufacturières exportatrices, en relation avec la poursuite de l’amélioration de la demande émanant de la Zone Euro, outre la reprise significative de la production des hydrocarbures due à la contribution des champs « Nawara » et « Halk El Menzel » et le rétablissement progressif du secteur du phosphate. En revanche, certains secteurs continuent de subir les effets de la crise sanitaire du COVID-19, en particulier celui des services.

En ce qui concerne l’évolution des prix, le Conseil a noté la stabilisation du taux d’inflation en septembre 2021 aux environs de 6,2%, en glissement annuel, pour le deuxième mois consécutif, contre 5,4% au cours du même mois de l’année précédente. Les principaux indicateurs de l’inflation sous-jacente se sont, également, inscrits en légère hausse pour atteindre +6% contre +5,9% le mois précédent pour « l’inflation hors produits alimentaires et énergie » et +5,4% contre +5,3% pour « l’inflation hors produits encadrés et frais ».

S’agissant des évolutions récentes du secteur extérieur, le Conseil a souligné la régression du déficit courant au cours des huit premiers mois de 2021 pour revenir à 3,5% du PIB contre 4,8% une année auparavant. Ce résultat est imputable principalement à la poursuite de la consolidation des revenus du travail (+42,8%) avec une amélioration relative des recettes touristiques (+5,2%), alors que le déficit commercial (FOB-CAF) s’est élargi de 13,7% en relation avec l’évolution des importations. Quant aux flux nets des capitaux extérieurs, ils ont enregistré une forte baisse due à la régression du volume des ressources extérieures mobilisées, s’ajoutant à la hausse des dépenses au titre du remboursement du principal de la dette. Compte tenu de ces évolutions, les avoirs nets en devises sont revenus à 20.962 MDT ou 127 jours d’importation à fin septembre 2021 contre 23.099 MDT et 162 jours d’importation au terme de l’année 2020.

Dans ce contexte, le Conseil a exprimé sa préoccupation concernant le tarissement aigu des ressources financières extérieures, face aux besoins importants pour boucler le Budget de l’Etat pour l’année 2021, traduisant les craintes des bailleurs de fonds internationaux au vu de la détérioration de la notation souveraine de la Tunisie et l’absence d’un nouveau programme avec le FMI, ce qui nécessitera l’intensification de la coopération financière bilatérale d’ici la fin de l’année afin de mobiliser autant de ressources extérieures que possible et d’éviter le financement monétaire eu égard à ses répercussions  aussi bien sur le niveau de l’inflation  que  sur les réserves en devises et la gestion du taux de change du dinar, outre son impact négatif sur les relations de la Tunisie avec les bailleurs de fonds et les agences de notations souveraines.

D’autre part, le Conseil a souligné que la dégradation des finances publiques, pâtissant de leur situation vulnérable, ainsi que la hausse des cours internationaux du pétrole, sont de nature à compromettre la soutenabilité de la dette publique, outre les effets négatifs de l’accroissement de l’endettement du secteur public auprès du système bancaire sur sa capacité à financer les opérateurs économiques. Et d’ajouter que la persistance de cette situation engendrera des répercussions fortement négatives sur les équilibres extérieurs et sur le marché des changes.

Après discussions et délibérations sur les points susmentionnés, le Conseil a réitéré ses profondes préoccupations face à la situation financière actuelle critique, soulignant la nécessité d’accélérer la transmission des signaux clairs aux investisseurs locaux et étrangers quant au rétablissement du rythme de l’activité économique et des équilibres globaux et financiers, la consolidation de la gouvernance du secteur public, l’amélioration du climat des affaires et l’intensification des efforts d’investissement. A cet égard, le Conseil a affirmé que la Banque Centrale, continuera à jouer pleinement son rôle en matière de soutien à l’économie et à suivre de près l’évolution des indicateurs économiques, monétaires et financiers.

A la fin de ses travaux, le Conseil a décidé de maintenir inchangé le taux d’intérêt directeur de la Banque Centrale de Tunisie.

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Barometer EY 2021 des entreprises en Tunisie : 63% des entreprises menacées de disparition dans moins de deux ans

EY a présenté aujourd’hui les résultats de son baromètre annuel des entreprises en Tunisie. L’enquête, qui s’est déroulée de fin mai à début septembre, “permet de mesurer l’impact de l’activation de l’article 80 de la Constitution par le président de la République sur la perception des chefs d’entreprise”, a souligné dans ce cadre Mounir Ghazali, partenaire EY.

Les chiffres présentés par EY sont sans équivoque : les chefs d’entreprise ne sont pas optimistes. D’abord, 82% des chefs d’entreprise ont qualifié de “mauvaise” la situation politique dans le pays. Il s’agit d’un niveau record qui n’a jamais été mesuré par EY. Ce chiffre marque une hausse considérable par rapport aux 47% enregistrés l’an dernier.

De même, l’enquête dévoile que 69% des répondants estiment que la situation économique du pays est mauvaise ; ce taux était de 41% en 2020. Ceci est sans doute le résultat d’une crise pandémique qui a eu, parmi ses conséquences, la pire récession de l’histoire du pays.

L’enquête de EY a également révélé que 43% des sondés estiment que la situation économique et sociale se dégrade fortement ; ce taux était de 21% lors de l’édition 2020 du baromètre. Ce taux passe en revanche à “seulement” 29% pour les réponses collectées après le 25 juillet (contre 49% pour les réponses avant cette date). On constate également une hausse considérable de la part des sondés qui pensent que la situation économique et sociale s’améliore légèrement. Elle passe de 12 à 33% avant et après l’activation de l’article 80 de la Constitution.

En ce qui concerne le climat d’investissement, 41% des participants à l’enquête de EY pensent qu’il est en forte dégradation. Ce taux était de seulement 18% l’an dernier!

Encore plus inquiétant, l’étude a révélé qu’en 2021, 63% des chefs d’entreprise estiment que leurs activités seraient menacées dans un horizon inférieur à deux ans si la conjoncture n’évoluait pas. Ce taux alarmant, rappelle Mounir Ghazali, dépasse les 55% depuis 2019.

Les axes de développement stratégique privilégiés par les dirigeants d’entreprise pour la relance post-Covid sont l’adaptation au client, la data, le développement du portefeuille de produits/services et l’innovation.

En effet, l’enquête menée par EY révèle que les trois axes dans lesquels les entreprises vont entamer des changements majeurs sont l’innovation (18%), la croissance du portefeuille de produits et de services (18%) et la structure organisationnelle (13%). Sur le long terme, les entreprises vont se pencher sur la capacité à offrir une expérience client personnalisée (27%), renforcer leur capacité à analyser la data (26%) et l’adaptation du style de leadership et de management aux nouvelles tendances, notamment le flex work et le travail en hybride.

Ahmed Saoudi

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Annulation de l’achat des sous-marins français par l’Australie : Vers une crise entre Paris et Washington ? .. Par Feïza Ben Mohamed

France
AA/Nice/Feïza Ben Mohamed

Ce qui devait être « le contrat du siècle », à savoir la vente de 12 sous-marins à l’Australie, pour un montant évalué à 56 milliards d’euros, tourne au fiasco côté français.

Depuis l’annonce de son annulation, par le Premier ministre australien Scott Morrison au cours d’une visioconférence présidée depuis la Maison Blanche par Joe Biden, la France ne décolère pas.

Le Chef du gouvernement australien a, en effet, fait savoir que Canberra préfère conclure un nouveau contrat pour « une flotte de sous-marins à propulsion nucléaire » avec les États-Unis et abandonner celui auquel elle s’était engagée avec la France.

Il n’en fallait pas moins pour que la diplomatie française fustige « un coup dans le dos ».

Interrogé ce jeudi matin par France Info, le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a estimé qu’il s’agissait d’une « décision unilatérale, brutale, imprévisible » qui « ressemble beaucoup à ce que faisait Mr Trump ».

« On apprend brutalement, par une déclaration du Président Biden, que le contrat qui était passé entre les Australiens et la France s’arrête, et que les États-Unis vont proposer aux Australiens une offre nucléaire dont on ne connaît pas le contenu », a poursuivi le ministre.

« Nous avions établi avec l’Australie une relation de confiance, cette confiance est trahie » a par ailleurs déclaré le patron du Quai d’Orsay, qui reconnaît ressentir « beaucoup d’amertume sur cette rupture ».

Il promet néanmoins que « ce n’est pas fini » et qu’il « va bien falloir des clarifications » car « des contrats » ont été signés et « il faut que les Australiens disent comment ils en sortent ».

Par le biais d’un communiqué commun, signé conjointement par Jean-Yves Le Drian et la ministre des armées Florence Parly, la France fustige « une décision contraire à la lettre et à l’esprit de la coopération qui prévalait entre la France et l’Australie, fondée sur une relation de confiance politique comme sur le développement d’une base industrielle et technologique de défense de très haut niveau en Australie ».

Les deux ministres affirment que le « choix américain qui conduit à écarter un allié et un partenaire européen comme la France d’un partenariat structurant avec l’Australie, au moment où nous faisons face à des défis sans précédent dans la région Indopacifique, que ce soit sur nos valeurs ou sur le respect d’un multilatéralisme fondé sur la règle de droit, marque une absence de cohérence que la France ne peut que constater et regretter ».

-« Décision difficile à avaler »

Dans une analyse détaillée de la situation, le directeur adjoint de l’IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques), Jean-Pierre Maulny, estime que « cette décision est particulièrement brutale et difficile à avaler pour les Français qui en ont été écartés sans même avoir été prévenus ».

« Or nous sommes alliés des Américains et des Britanniques au sein de l’OTAN et nous avions conclu un partenariat stratégique avec l’Australie accompagnant ce contrat de sous-marins, accord qui a été rompu » poursuit le spécialiste français en géopolitique, dans une publication sur le site de l’IRIS.

Selon lui, cet épisode « montre une nouvelle fois, après l’épisode afghan, que lorsque les Américains considèrent que leurs intérêts de sécurité ne recouvrent pas exactement ceux des Européens », ils « agissent désormais seuls ».

Faisant échos aux déclarations de Jean-Yves Le Drian, qui accusait Joe Biden d’utiliser les mêmes méthodes que Donald Trump, Jean-Pierre Maulny assure que « l’unilatéralisme n’est plus le seul apanage des Républicains comme on pouvait le penser sous Georges Bush Jr ou sous Donald Trump » et que « cette méthode est devenue une des clés de l’action des États-Unis aujourd’hui ».

-Coup dur pour les atlantistes

Un avis partagé par le directeur de l’IRIS, Pascal Boniface, qui affirme à l’Agence Anadolu que « pour tous les atlantistes qui pensaient que le retour de Biden allait faire revenir les USA à une politique multilatérale et de coopération avec les alliés, c’est un peu dur ».

Les réactions d’indignation se sont multipliées tout au long de la journée, de la part notamment du Sénat comme de la part de Naval Group.

La commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat affirme que « les conséquences de cette décision seront nombreuses et graves », qu’il s’agisse de « l’image de la France, qui essuie un camouflet brutal qui témoigne de la considération que lui porte le Gouvernement australien actuel », ou encore « pour la cohésion entre alliés occidentaux ».

À noter que ce contrat tentaculaire avait été négocié par Jean-Yves Le Drian, entre 2014 et 2016, alors qu’il était ministre de La Défense sous le quinquennat de François Hollande.

Sa rupture, vécue comme un véritable coup de poignard par Paris, pourrait durablement affecter les relations entre la France et son allié américain avec qui il doit coopérer sur de nombreux autres dossiers notamment en matière de lutte contre le terrorisme.

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France vs. Turquie en Méditerranée orientale : une rivalité géopolitique

Le bras de fer franco-turc des derniers mois est avant tout une compétition géopolitique d’influence en Méditerranée orientale. Il doit être compris à la lumière de la montée de la Turquie en tant que puissance émergente en quête d’autonomie géostratégique et du malaise de la France face à l’affirmation croissante d’Ankara dans une région que Paris considère traditionnellement comme faisant partie de sa sphère d’influence.

– La compétition franco-turque en Méditerranée orientale est une lutte géopolitique pour le pouvoir qui se joue sur plusieurs fronts : la Libye, la Syrie et le Liban.

– La vaste définition d’Ankara de la souveraineté nationale et de ses aspirations hégémoniques en Méditerranée orientale est en contradiction avec la vision de la France de la Méditerranée et la définition de ses intérêts dans la région.

– Les récentes découvertes de gaz en Méditerranée orientale ont joué un rôle clé en poussant Ankara dans une politique de confrontation.

– Ce qui était une animosité personnelle à l’origine entre Emmanuel Macron et Recep Tayyip Erdogan se transforme progressivement en une rivalité géopolitique majeure, où la France agit en tant que défenseur de l’ancien ordre régional et la Turquie en tant que perturbateur et challenger majeur.

Par Jana JABBOUR

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Tunisie-Russie: 65 ans de coopération soutenue

Tunisie-Russie: 65 ans de coopération soutenue

Par l’Ambassadeur de Russie en Tunisie, Sergey Nikolaev – Le 11 juin 1956, l’Union soviétique, qui a toujours soutenu le droit des peuples à l’autodétermination, a annoncé la reconnaissance de la Tunisie en tant qu’État indépendant et souverain. Un mois plus tard — le 11 juillet 1956 — des relations diplomatiques ont été établies entre nos deux pays. En août 1960, le premier ambassadeur de l’URSS, K.M. Kuliev, présenta ses lettres de créance au président Habib Bourguiba, en même temps que l’ambassadeur tunisien Ahmed Mestiri arriva à Moscou.

Cependant, les Russes et les Tunisiens se sont rencontrés bien avant. Il faut dire qu’en 1920-1921, à la fin de la guerre civile en Russie, environ six mille de nos compatriotes sont arrivés de la Crimée au port tunisien de Bizerte sur les navires de l’escadre de la mer Noire. C’est durant cette période que la première diaspora russe se forme en Tunisie. Ses représentants ont joué un rôle important dans la vie scientifique et culturelle du pays. Aujourd’hui à Bizerte, l’exposition de la maison-musée de l’escadre russe rappelle ces événements historiques, dont une partie est consacrée aux activités d’Anastasia Manstein-Chirinsky, l’aînée de la communauté russe, qui a vécu presque toute sa vie sur le sol tunisien.

Au fil des années, les relations bilatérales se sont enrichies de nouvelles facettes, mais ont toujours maintenu une dynamique positive. L’URSS a beaucoup fait pour aider à jeter les bases de l’économie de la jeune république. La coopération la plus fructueuse a été dans les domaines de l’enseignement supérieur, de la santé et de la gestion de l’eau. Avec l’aide de l’Union soviétique, le Schéma général d’utilisation des eaux de ruissellement du nord de la Tunisie pour l’approvisionnement en eau de la capitale et d’autres provinces du pays a été élaboré. Les spécialistes soviétiques et russes ont apporté une contribution significative à la formation de divers personnels tunisiens hautement professionnels. Avec leur aide, la première université technique de la Tunisie, l’École nationale d’ingénieurs de Tunis (ENIT), a été créée. Des milliers de citoyens tunisiens sont diplômés des établissements d’enseignement supérieur soviétiques et russes. Dans différentes villes de la république, dans le cadre de programmes de coopération avec le ministère de la Santé de la Tunisie, des médecins russes travaillent avec succès. À l’heure actuelle, les compatriotes russes et les diplômés tunisiens de nos instituts et universités sont activement impliqués dans les efforts visant à promouvoir la langue et la culture russes en Tunisie et à préserver le patrimoine historique commun.

Le 25 décembre 1991, la République tunisienne a annoncé la reconnaissance de la Fédération de Russie. La première rencontre dans l’histoire des relations bilatérales entre les présidents russe et tunisien a eu lieu en marge du Sommet du millénaire à New York en 2000.

Aujourd’hui, la Tunisie est l’un des principaux partenaires de la Russie en Afrique et au Moyen-Orient. Un dialogue confidentiel est entretenu entre nos pays sur les questions clés. La Russie et la Tunisie interagissent efficacement à l’ONU et sur d’autres plateformes internationales. En mars 2016, le ministre tunisien des Affaires étrangères, Khemaies Jhinaoui, a effectué une visite de travail à Moscou. En janvier 2019, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, s’est rendu en Tunisie. Des négociations ont eu lieu avec les dirigeants de la République. Ils ont réaffirmé leur intérêt mutuel à renforcer l’ensemble des relations traditionnellement amicales russo-tunisiennes. Un élément important de notre coopération est la lutte contre le terrorisme dans toutes ses formes.

Les échanges touristiques se développent avec succès, ce qui a un effet bénéfique sur le renforcement des contacts commerciaux et humanitaires. En 2016-2019, le flux touristique en provenance de Russie dépassait 500 mille personnes par an. Nous espérons qu’à mesure que la situation sanitaire et épidémiologique s’améliore, les échanges touristiques se rétabliront progressivement.

La Tunisie a été parmi les premiers Etats africains à enregistrer le vaccin russe Spoutnik V. Le début de l’approvisionnement de ce médicament a permis de lancer une campagne nationale de vaccination en Tunisie.

L’exploration pacifique de l’espace extra-atmosphérique est devenue un nouveau symbole de la coopération russo-tunisienne. Le 22 mars 2021, le premier satellite de télécommunications tunisien Challenge One a été lancé depuis le cosmodrome de Baïkonour par la fusée russe Soyouz. Il est symbolique que cet événement marquant a eu lieu lors des jours de la célébration du 65e anniversaire de l’indépendance de la Tunisie. Cette percée dans le domaine des hautes technologies est le résultat d’une coopération mutuellement avantageuse entre Telnet Holding et les entreprises et organisations du cluster spatial russe. En avril de cette année, un buste en bronze du premier cosmonaute Youri Gagarine a été inauguré au siège de Telnet.

Malgré les difficultés objectives causées par la pandémie de Covid-19, nous poursuivons notre travail conjoint. Les préparatifs sont en cours pour la 8e réunion de la Commission mixte qui se tiendra à Moscou.

Le 7 juillet 2021 à l’initiative de l’Ambassade, de la municipalité du Kram et de la Chambre tuniso-russe de commerce, «l’Allée de l’Amitié» a été ouvert à l’occasion du 65e anniversaire des relations diplomatiques..

Sergey Nikolaev