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Pour mémoire: Appel des Intellectuels Tunisiens au Président de la République (1991)

Appel des Intellectuels Tunisiens au Président de la République (1991)

Vingt six ans après le lancement de cet appel au Président de la République (1991) Madame Amel Bejaoui Kadi se souvient des conditions dans lesquelles s est faite cette initiative a haut risque et nous fait l amitié de les révéler aux lecteurs de tunisitri.

Lisez jusqu au bout c est très édifiant. Merci Amel Bejaoui Kadi

Nous étions en 91. Tout juste, 4 ans ou presque après l’ «ère nouvelle». Ce jour-là, je discutais avec Larbi Chouikha, à l’AJT, sur la dérive de Ben Ali qui se dessinait de plus en plus clairement et sur sa main mise de plus en plus ressentie sur le secteur de la presse. Ce ne fut pas, bien sûr, notre premier échange sur la question, mais ce jour là, nous étions, particulièrement, inquiets et excités C’est comme si notre impatience avait atteint son paroxysme et à notre insu nous étions près à agir. Je ne sais plus ce qu’il y avait ce jour là à l’AJT, mais il y avait du monde. Faut dire, qu’à cette époque là, il y avait quasiment, toujours du monde. Tous les journalistes qui n’étaient pas de service passaient les uns après les autres. Ça discutait, ça rigolait, ça critiquait…Bref ! L’atmosphère permettait encore de respirer un peu même si nous étions conscients que les choses commençaient à échapper, incontestablement. Donc, Larbi et moi-même, au bout de notre échange à bâtons rompus, nous avions pris la décision d’agir. Emane l’idée d’un texte à envoyer à la présidence pour saisir et appeler le nouvel occupant de Carthage, à lâcher du lest avant qu’il ne soit trop tard, pour ce que nous avons espérer être une démocratie naissante. Larbi rédige le projet. Les réunions pour le discuter et l’amender se tenaient chez moi. J’habitais encore un studio à El Menzah 8. Khalil Zamiti et Nadia Omrane étaient, particulièrement actifs dans cette action. Ah ce Khalil, qu’est-ce qu’il me faisait rire aux larmes avec ses sorties uniques. Heureusement qu’il était là. Il permettait d’adoucir toute cette tension Ô combien ressentie.

Bref ! Nous avons contacté un maximum de personnes. Nous avons rencontrés quelques déceptions. Bien sûr ! Certain-e-s ont refusé de signer. Par peur ? Pas convaincu-e-s ? Croyant au changement promis le 7 novembre?!! Bref ! Il y avait de tout. Nous avons, quand même réussi à avoir beaucoup plus de 300 signatures, tel qu’indiqué dans l’appel. Quand les choses ont atteint leur vitesse de croisière, beaucoup sont revenus vers nous pour signer, en fin de compte. Il faut admettre que pour ce genre d’action, certain-e-s ont besoin d’être rassuré-e-s et de ne pas se sentir « seules ». Le risque est, dans ce cas, de moindre importance et par conséquent, mieux gérable. C’est humain. Tout le monde n’est pas « kamikaze». Même après avoir envoyé la lettre à la présidence, nous avons continué à recevoir des adhésions.

Mais avant d’envoyer le texte il fallait le saisir. Surtout pour les noms des signataires qui n’étaient pas, toujours déchiffrables. A l’époque quasiment personne d’entre nous ne possédait encore un ordinateur. La seule solution trouvée était donc de le faire au local du POCT qui avait la logistique nécessaire et qui a bien voulu mettre à notre disposition quelqu’un de son journal.

Je me souviens que j’ai eu peur d’y aller toute seule (rire). Oui peur que les flics me prennent avec le texte et la liste des signatures, vous vous imaginez !! J’avais donc demandé à Larbi de m’accompagner. Il a accepté à contrecœur, car tout comme moi, (confidence) il n’avait pas envie de mettre les pieds chez le POCT. Mais cause oblige il a fini par céder. Le lendemain le texte est envoyé et quelques jours après, j’ai remis l’original chez Me Mokhtar Trifi.

Mission accomplie.

Après, ce fut le tour des retombées. Soutiens et dénonciations internationales et…sans surprise répression sur les signataires. Et pour l’Histoire, c’est surtout Larbi Chouikha qui en a le plus compati ! Sa vie professionnelle tout comme celle privée étaient devenues un enfer pendant des années avant que d’autres actions viennent alléger un tant soit peu le poids par le partage de son harcèlement avec d’autres acteurs de plus en plus visibles!

Mais pour la petite histoire, à l’époque où c’est pour la deuxième fois que je quitte la TAP, à la recherche d’un peu d’oxygène, je travaillais dans une société golfique, dont le siège était situé dans le centre ville, avant le déménagement à Hammamet dès l’achèvement du projet.

C’est de là que le texte a été envoyé partout dans le monde par fax. ONG internationales, syndicats, personnalités etc…Bref, dans les cinq continents. J’avais pris toutes les adresses possibles, même dans les plus lointaines contrées et commencé à envoyer, quotidiennement, à l’heure du déjeuner, quand tout le monde partait. Heureusement que nous n’étions pas nombreux. 6 en tout je crois. Cela a continué ainsi jusqu’à ce que la société, m’interdise, d’une façon discrète et détournée, l’accès au bureau où le faxe était installé, prétextant mon utilité ailleurs. Nous avions même reçu du soutien du Kazakhtan C’est amusant non !

Le jour de l’envoi du texte, nous nous sommes déplacés, Larbi Chouikha, Kamel Laâbidi et moi-même à la grande poste du centre ville. Dès que l’employé a lu le texte, il nous a demandé de patienter un peu. Il se lève, s’absente quelque temps avant de revenir pour nous dire qu’il était impossible d’envoyer une telle missive et qu’il fallait le faire directement à la présidence. Nous gueulons et revendiquons notre droit citoyen. Quelques remous et le texte est, enfin, accepté. C’est que nous avions besoin d’une trace que le texte fut bel et bien envoyé et reçu par lettre recommandée. Vous devinez pourquoi.

Larbi et Kamel avait signé le formulaire d’envoi. Quand mon tour était venu, mes amis m’en empêchent. Eh oui ! Mes amis ont refusé que je joigne ma signature à la leur. Aujourd’hui je m’interroge !! Est-ce parce que j’étais jeune et plutôt vulnérable à leurs yeux ? Où est-ce pour d’autres raisons ?!! Ils étaient mes ainés et j’avoue que j’ai toujours été intimidée en leur présence à l’époque. Oui notre génération était ainsi faite quand les « vieux » sont présents, que voulez vous ! Parfois j’envie la jeune génération d’aujourd’hui, capable d’ »arrogance » envers les « cheveux blancs ». Ah si j’avais un peu de leur cran à l’époque…Mais peu importe ! L’appel était envoyé et c’était pour moi l’essentiel. La consécration. C’était, tout de même, la première action en termes de revendications du droit à une presse libre et à une expression affranchie du joug de la dictature. Revendication toujours de mise, encore aujourd’hui, comme une fatalité !

Bref ! Il fallait le faire, à l’époque, pour démarrer un processus militant en la matière, en cette « ère » qui se voulait « nouvelle », mais qui n’est en réalité qu’une belle arnaque. Ce fut, donc, fait. La suite tout le monde connaît.

APPEL DES INTELLECTUELS TUNISIENS- 1991

Je prie ceux et celles dont j’aurai écorché l’orthographe des noms de m’envoyer un petit mail pour corriger. Il manque aussi un nom, dans la catégorie artistes …,tout à fait illisible, que j’ai remplacé par des points d’interrogation, si quelqu’un peut s’en rappeler, n’hésitez pas à me l’envoyer. Merci d’avance.

tunisielibre@yahoo.fr, itritn@yahoo.fr

APPEL DES INTELLECTUELS TUNISIENS (1991)

Le 10 décembre 1991, à l’occasion du 43ème anniversaire de la déclaration Universelle des Droits de l’Homme, un peu plus de 300 intellectuels tunisiens ont adressé un appel au Président de la République, dans lequel ils lui demandent d’intervenir pour mettre un terme à la grave dégradation des libertés de l’information et de l’expression en Tunisie.

Ce fut le premier frisson de la société civile tunisienne au cours de l’année 1991. Cet appel a été suivi par une motion de l’ordre des avocats en 1992, puis par deux autres appels en 1995 et 1996, avec chacun près de deux cents signatures et un troisième, appelé l’appel des deux cents, en 1997, dont seul le texte a été publié, les noms des signataires n’ayant jamais été divulgués.

Tous ces appels ont été relayés par la Coordination pour la Défense des Libertés en Tunisie (CDLT) à Paris, qui les a largement diffusés auprès des médias internationaux ainsi qu’auprès de l’émigration tunisienne.

Ahmed Manai

Archives de l’ITRI

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Tunis le 10 décembre1991

Monsieur le Président

Au moment où dans plusieurs pays des voix libres peuvent enfin s’exprimer sans crainte et que le droit à la différence se trouve consacré dans les faits, en Tunisie les libertés aussi fondamentales que celles de l’information et de l’expression énoncées par l’article 19 de la déclaration de 1948 et garanties par notre Constitution sont en constante détérioration :

*Des journalistes et des citoyens sont toujours emprisonnés du fait de leurs écrits et de leurs opinions

*Les saisies et interdictions des publications nationales et étrangères sont de plus en plus fréquentes.

*Le caractère coercitif de la législation sur la presse restreint considérablement l’exercice effectif des libertés de l’information et de l’expression.

*Le droit des citoyens à une information crédible et l’accès aux sources de l’information sont devenus une pure illusion.

*Les droits des journalistes et des créateurs se trouvent souvent bafoués par diverses sortes d’ingérences et de tracasseries qui étouffent toute critique.

Cette dégradation des libertés de l’information et de l’expression se caractérise par la main mise pesante du pouvoir politique sur tous les circuits de production et de diffusion des idées. Elle se manifeste surtout par la prédominance d’un discours monolithique et réducteur et par le rétrécissement des espaces de libre expression et création dans le pays.

Nous signataires de cet appel :

-Exprimons nos vives inquiétudes face à cette détérioration constante des libertés d’information, d’expression et de création dans notre pays.

-Affirmons avec force qu’une expression libre et démocratique ne peut éclore dans un climat de peur entretenu par une mentalité de parti unique et de pratique anti-démocratique.

-Rappelons aux pouvoirs publics leurs engagements répétés en faveur d’une presse libre et indépendante.

Inquiets des graves conséquences que cette situation encourt, nous vous adressons Monsieur le Président de la République cet appel pressant pour que des mesures urgentes soient prises afin de mettre définitivement un terme à cette dégradation des libertés fondamentales et pour consacrer réellement dans les faits la volonté de changement et les promesses en faveur d’une presse et des espaces d’expression libres et indépendants.

Les signataires par profession :

LTDH et apparentés (21), Journalistes : (58); Artistes, comédiens, poètes, éditeurs : (27) ; Avocats : (23) ; Enseignants, universitaires, chercheurs : (105); Médecins : (14) ; Syndicalistes : (41) ; Autres : (26).

Liste nominative

Dr Moncef Merzouki : président LTDH, Dr Hechmi Ayari : Président du Conseil de l’Ordre des Médecins, Mohamed Tahar Chaïeb : Secrétaire général adjoint de l’UGTT , Abdelmajid Sahraoui : Secrétaire général adjoint de l’UGTT, Ali Romdhane : Secrétaire général adjoint de l’UGTT, Dr Béchir Gueddana : Secrétaire général adjoint du syndicat des médecins de libre pratique., Maître Jamel Eddine Bida : secrétaire général du Conseil de l’Ordre des avocats, Maître Sassi Ben Halima : avocat, Mohamed Ben Mahfoudh : Secrétaire général de des Etudes et Civilisations, Bédia Jrad : Présidente de l’ATFD, Dr Fethi Tebourbi : Secrétaire général adjoint de l’Ordre des Médecins, Jaloul Azzouna : Union des écrivains tunisiens

Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme

Vice-Présidents : Khédija Chérif, Mustapha Ben Jâafar, Midani Ben Salah, Khémaïs Chamari, Secrétaire général : Taoufik Bouderbala, Responsables nationaux : Emna Belhadj Yahia, Sihem Ben sedrine, Frej Fenniche, Tahar Chegrouche.

Les journalistes :

Hamma Hammami, Ahmed Brahim, Rachid Khechana, Mohamed Ben Kilani, Randa Alibi, Mohamed Bargaoui, Lotfi Biri, Mohamed Bennour,, Selma El Héni, Abdelaziz Temimi, Lotfi Hajji, Baccar Belgacem, Chokri Nafti, Hédi Boubtane, Chokri Nafti, Hédi Boubtane, Amor Mejri, Rachida Ennaifer, Kamel Ben Younes, , M’Hamed Krichen, Abdelmajid Bettaieb, Hamida El Bour, Rafika Bjaoui, Hatem Chaâbouni, Mouna M’tibaâ, Taja Jmi, Ziad Krichen, Nadia Omrane, Hatem Bouriel, Dhoha Talek, Hayet Rayès, Souad Ben Slimane, Nadia Haddaoui, Fatma Ben Abdallah, Béchir Ourda, Khaled Harmel, Sonia Bensalah,Naceur Mouelhi, Monia Rihane, Hassen Mensi,, Mouldi Habchi, Kamel Labidi, Hajer Touiti, Faouzia Skik, Hassen Fkih, , Lamjed Hamdani, Jamel Ben Guirat, Hamida Ben Salah, Khemaïes Krimi, Moahamed Moumen, Fadhila Bergaoui, SifianE Ben Hamida, Fessi Ghaya, Mohamed Louhichi, Mohamed Mâati, Mokhtar Boubaker, Lotfi Sellami, Mouldi Harizi, Naji Ramadi, Hassen Jouini, Hechmi Troudi.

Artistes, comédiens, poètes, éditeurs,

Nouri Bouzid, Taoufik Jebali, Raouf Ben Amor, Ouled Ahmed, Mohamed Kouka, H’mida Ben Ammar, Mahmoud Larnaout, Raja Ben Ammar, Anissa B’diri, Kaïs Rostom, Khaled Ksouri, Noureddine Ouerghi, Néjia Ouerghi, Mahmoud Chelbi, Mounir Bouaziz, Kahéna Attia, Ahmed Bennys, Moez Kamoun, Ridha Ben Slimane, Hayat Gribâa, Mohamed Ali Chérif, Donia Labidi, Gilbert Naccache, Nadia Hakimi, Amel Hamrouni, ?????, Taouhid Azzouzi.

Avocats :

Maîtres Chedly Ben Younès, Bochra Belhaj Hamida,Radia Nasraoui, Fayçal Triki, Mohamed Ali Khalfallah, Lotfi Marzouki, Abdel Hamid Ben Mustapha, Moktar Trifi, Mohamed Jmour, Leila Khalfallah, Saber Ben Romdhane, Neziha Boudhib, Rached Mabrouk, Mansour Jerbi, Hédi Chemengui, Abdel Hamid Maktouf, Hédi Ben Mehrez, Nejet Yacoubi, Anouar Kousri, Mahmoud M’hiri, Adel Mimouna, Hédi Manaï, Mohamed Ennaghazi.

Enseignants, universitaires, chercheurs :

Hatem Kotrane, Rafâa Ben Achour, Hichem Skik, Mohamed Larbi Hachem, Selma Zmerli, Souad Triki, Malika Horchani, Zeineb Cherni, Abdellatif Abid, Férid Kourda, Hamouda Hémini, Habib Kasdaghli, Habib Mellakh, Rabah Kahlaoui, Tahar Manoubi, Hédi Harchoun, Badreddine Tangou, Lilia Brahim, Abdel kader Ben Cheikh, Aziza Dargouth, Hareth Mzioudeth, Habib Ayadi, Bouderbala Najet, Noura Borsali, Youssef Ben Romdhane, Ahmed Ben Salah, Naceur El Kéfi, Sabah Mahmoudi, Ridha Mezghani, Abdel Majid Triki, Mohamed Ali Kembi, Mouldi Bchir, Larbi Chouikha, Monji Salem, Khalil Zamiti, Souad Rejeb, Alia Belkadi, Abdallah Maâouia, Béchi Makhlouf, Khélif Chaouch, Emna Ben Miled, Ridha Gouiâa, Amal Azouzi, Frej Lahouar, Kacem Haddad, Hassen Ben Naceur, Ahmed Salah, Azza Ghanmi, Dorra Mahfoudh, Zeineb Hamad, Mounir Kachoukh, Tahar Hammami, Mohamed Safi, Mohamed Euch, Mohamed Habib Karray, Ahmed Kahlaoui, Moncef Ouanès, Lotfi Lahouel, Salah Smii, Hédi Arfaoui, Romdhane ben Romdhane, Jilani Ben Mohamed, H édi Kraïem, Mohamed Hédi Touati, Farhat Drissi, Ahmed Mâaroufi, Béchir Hamdouni, Omrane Dammak, Khaled Nouissi, Mounir Frigui, Jammel Besrour, Samira Rafès, Mohamed Habib Mertzouki, Amel Ben Aba, Abdelkrim Hizaoui, Elham Abdelkéfi, Zeineb Tlili, Jamila Binnous, Fathia Harzallah, Khédija Lasram, Abderraouf Chérif, Hafidha Chékir, Emna Chikhaoui, Larbi Béchir, Ahmed Slimane, Mokhtar Belgacem, Ammar El Arbi, Ezzeddine M’Hedhebi, Abdel Jelil Bédoui, Hatem Kourda, Mohamed Lamine Hammas, Taher Rajhi, Aziz Krichen, Noureddine Ghazouani, Mohamed Rdissi, Leila Haouaoui, Abdallah Zrelli.

Médecins :

Docteurs: Abdel Majid Letaëf, Mohamed Habib Daghfous, Béchir Ksantini, Lassâad Belhoucine, Khalil Hamza, Faouzi Chebbi, Kamel Abdennebi, Samira Hamzaoui, Hella Ben Châabane Abdeljaouad, Lemjed Ben Sédrine, Mohamed Ben Othmane.

Autres fonctions:

Samir Labidi, Khaled Ben Mansour, Gladiss Adda, Maya Jerbi, Smiti Ezzeddine, Faouzi Hamrouni, Nizar Krichen, Abdel Aziz Mzoughi, Raja Ben Frej, Selma Ben Hamida, Insaf Fathallah, Moncef Aouina, Béchir Toumi, Abdallah Ladhili, Salem Ben Hamza, Nabil Essaghir, Brahim Hayder, Tijani Harcha, Naceur Souissi, Amel Béjaoui, Mohamed Lamine Ennasri, Ahmed Ounissi, Mohamed Ben Jannet, Abid Soualah, Safia Farhat.

Syndicalistes

Fethia Kassar, Ahmed Aoun, Monji Abderrahim, Leila Zaâfouri, Rachid Nasfi, Mondher Berriche, Béchir Bessadok, Abdelwahab Amri, Abdellatif Hannachi, Béchir Dhaoui, Abdallah Haouari, Habib Ben Amor, Salah Béjaoui, Smaïl Haydar, Mohamed Châabaoui, Zine El Abidine Najeh, Fethi Ouni, Mohamed Ben Ammar, Abdeljelil Ghorbal, Brahim Ghiloufi, Mohamed Ben Salah, Amor Dahmane, Salah Belhaj, Béchir Ghiloufi, Aïda Ben Youssef, Boulbaba Bouabid, Bouraoui Zghidi, Béchir Zribi, Taher Chaabaoui, Youssef Yacoub, Néji Dhafer, Sami Bidani, Youssef Meddeb Hamrouni, Jihane Gouider, Saïda Chekir, Souad Othmane, Mehdi S’Bâa, Abdelmajid Gharbi, Ezzeddine Abaoub,Moncef Bouguerra, Rhouma Houcine./

Archives de l’Institut Tunisien des Relations Internationales (ITRI)

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Investissements de Pékin en Afrique du Nord : La Chine mise sur l’Algérie

La Chine a multiplié, durant les 20 dernières années, ses investissements au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Dans le cadre de son initiative de la nouvelle route de la soie (Belt and Road Initiative), l’Empire du Milieu s’est axé, selon le dernier rapport de l’Institut arabe des chefs d’entreprise, sur les infrastructures de base et l’énergie. La Chine, précise le document, s’est déployée plus particulièrement dans une dizaine de pays de la région, en injectant plusieurs milliards de dollars.

Parmi ces pays, ceux du Maghreb captent une importante partie de cette manne. Dans cette zone, souligne le rapport, c’est l’Algérie qui a reçu le plus d’investissements chinois, avec environ 24 milliards de dollars investis dans les secteurs du transport et de l’immobilier durant la période allant de 2005 à 2020. «Les entreprises chinoises sont devenues le partenaire privilégié de l’Algérie dans les projets d’infrastructures civiles», note le rapport, en rappelant le dernier accord, signé en 2022, entre Sonatrach et la société chinoise Sinopec visant à développer le périmètre contractuel de Zarzaitine pour un montant de 490 millions de dollars.

Concernant les importations chinoises de l’Algérie, selon le rapport, elles sont constituées principalement de gaz pour une valeur estimée à 176 millions de dollars. Malgré l’instabilité politique en Libye, la Chine «a maintenu le même niveau de relations commerciales avec ce pays qu’avant 2011, avec des investissements s’élevant à environ 19 milliards de dollars». Des investissements, selon la même source, qui sont axés sur la construction de logements et la réalisation des projets dans les secteurs ferroviaire, de télécommunication et l’énergie électrique.

Au Maroc, note le rapport, le volume des investissements chinois s’élève à environ 1,6 milliard de dollars entre 2014 et 2019, particulièrement dans les secteurs du transport, de l’énergie et de l’immobilier. Parmi les projets récents les plus importants réalisés par la Chine dans ce pays, indique la même source, il y a la construction du «plus long pont d’Afrique sur une distance de 950 km, en 2016», et «la réalisation par le groupe chinois Citic d’une usine de pièces détachées d’un montant de 200 millions de dollars».

Contrairement à l’Algérie, la Libye et le Maroc, la Tunisie reste le pays où les investissements chinois sont limités. Alors qu’elle est considérée comme son troisième fournisseur en biens de consommation avec 2,2 milliards de dollars par an, la Chine n’a investi que 34 millions de dollars en Tunisie. Un très modeste montant. «En 2022, la Chine était classée à la 35e place des pays qui investissent en Tunisie. La France reste le premier investisseur en Tunisie, avec une valeur de 2,4 milliards de dollars», précise la même source.

Rappelant que ce volume des investissements est consenti dans le cadre de l’initiative de la nouvelle route de la soie, le rapport estime, aussi, que l’engagement chinois traduit «sa volonté de créer de nouveaux marchés» en étendant sa présence dans la région du Moyen-Orient et Afrique du Nord en vue d’écouler ses produits, dans un contexte marqué par «le ralentissement de la croissance de l’économie intérieure chinoise ces dernières années». Au Moyen-Orient, les investissements chinois sont plus présents aux Emirats arabes unis, en Arabie Saoudite, en Irak et à Oman. 

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Tunisie – Maghreb : Nouvelles transformations géo stratégiques régionales *65 ans après la conférence de Tanger , l’UMA est « paralysé » .. Par Kamel Ben Younes

Tunisie – Maghreb :

Nouvelles transformations géo

stratégiques régionales

*65 ans après la conférence de Tanger , l’UMA est « paralysé »

– le « cout du Non-Maghreb s’alourdit »

Par Kamel Ben Younes

Les nouvelles transformations géo politiques et géo stratégiques régionales et internationales provoquent de plus en plus les « grands décideurs » nationaux , régionaux et internationaux .

Les conflits et guerres dans les différents coins du monde font bouleverser les « équilibres traditionnels » .

La conjoncture politico sécuritaire complique les crises socio économiques ,aggrave les déficits des budgets ainsi que les factures énergétiques et justifie le recours aux augmentations des dépenses militaires et sécuritaires au dépens des plans de développement .

La situation en Tunisie, dans les pays du Maghreb et la région euro-méditerranéenne ne fait pas l’exception .

65 ans après la fameuse conférence des leaders des partis nationalistes maghrébins, du 27 au 30 avril 1958 à Tanger , le processus du l’UMA est toujours « en veilleuse ».

Un long processus

Certains considèrent même qu’il est « paralysé », malgré les centaines de décisions, de conventions et d’accords inter maghrébins, depuis les sommets de Zeralda dans le banlieue d’Alger en 1988, de Marrakech en Février 1989 et de Tunis en Janvier 1990.

Le sommet de l’UMA n’a pas eu lieu depuis la fin de 1994 , lorsque Rabat avait « gelé » sa participation .

Certes , les chefs d’états et ministre des affaires étrangères et de l’intérieur de l’UMA se sont rencontré plusieurs fois en marge de sommets arabes, Islamiques , Africains et Euromed..

Des centaines de réunions sectorielles ont eu lieu , notamment dans les secteurs économiques .

Les ministres et hauts responsables militaires et sécuritaires ont eu la chance de se concerter des dizaines de fois , en marge de réunions organisées par des instances Euro Med, de l’Otan , Africom, l’ONU , la ligue arabe, …etc

Les guerres par procuration

Cependant , les guerres « par procuration » en Libye ainsi que dans toute la région du Sahel et Sahara africains ne cessent de se compliquer.

Elles ont mis en relief les nouveaux conflits entre Rabat et Alger à cause du « conflit du Sahara » et des autres « malentendus » bilatéraux .

Initiative indépendante

En dépits de ce contexte régional et international , des dizaines d’intellectuels et activistes maghrébins et européens d’origine maghrébine avait co organisé une conférence virtuelle , en marge du 65 eme anniversaire de la conférence de 1958 de Tanger.

C’était une occasion pour commémorer l’événement avec des représentants de la société civile et centres d’études stratégiques nord africains et euro maghrébins, dont le Centre Germano Maghrebin de communication et de dialogue culturel , le Forum d’Etudes Stratégiques Arabo Africaines Averroes de Tunis et deux centres d’études Stratégiques de Tanger et Rabat . Une vingtaine d’autres experts et représentants de centres d’études algériens , libyens et mauritaniens avait participé à la conférence -débat et à l’appel lancé aux grands décideurs , pour relancer le « processus du Grand Maghreb » .

Le secrétaire général de l’UMA et ex ministre tunisien des affaires étrangères Taieb Bacouche était parmi les « invites d’honneur » dans la séance d’ouverture, ainsi que l’ancien ministre de l’enseignement supérieur marocain l’universitaire Abdallah Saaf et d’éminents experts algeriens , libyens, mauritaniens , tunisies et marocains..

Le rôle des élites

Les conférenciers avaient mis en relief, dans leur communique final ,les impacts négatifs sur tous les pays de la région, du « ralentissement » de la coopération bilatérale et inter maghrébine .

Chaque pays maghrébin , y compris la Tunisie , perd annuellement au moins 2 points de son taux de croissance et l’occasion de créer des dizaines de milliers de nouveaux emplois .

Le cout du « non Maghreb » est très lourd économiquement ainsi que dans les secteurs sécuritaires , militaires et scientifiques .

Au lieu de développer ensemble les conditions de vie, d’enseignement et de recherches scientifiques dans la région du Grand Maghreb , les « guerres d’usure » et l’instabilité entrainent des dépenses énormes dans les secteurs de sécurité , de défense, de propagande médiatique , et de « diplomatie de guerres ».

Les représentants de la société civile et bureaux d’études maghrébins restent encore optimistes et appellent les médias, les intellectuels et les politiques à agir de nouveau ensemble, pour s’imposer dans le « nouveau échiquier régional » et le « nouveau ordre mondial »

Une diplomatie multi latérale s’impose, au moins pour « contenir les nouveaux risques économiques et sécuritaires » résultant de trois décennies de guerres dans le Golfe , dans le Sahel et le Sahara African, dans le Sahara « occidental », Asie centrale puis en Ukraine et Europe de l’Est …

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Les recommandations d’intellectuels et acteurs de la société civile pour réaliser le “rêve maghrébin”

A travers leurs recommandations, les participants à
un colloque sur le « rêve maghrébin » ont tracé une
feuille de route afin que l’idée maghrébine renaisse
de ses cendres

Organisé sous le thème « 65 ans après la Conférence du Maghreb à
Tanger : quel avenir pour le rêve maghrébin ? »
, le colloque virtuel
dont les travaux se sont tenus le 29 avril dernier a permis aux
organisateurs de formuler les recommandations suivantes :
1- Mettre le cap sur le futur :
En s’inspirant de la symbolique de l’anniversaire de la conférence des
partis nationaux (l’Istiqlal du Maroc, le FNL d’Algérie et le Néo-Destour
de Tunisie) tenue en avril 1958 à Tanger, les participants ont incité les
décideurs de la région à engager un dialogue approfondi avec toutes
les parties prenantes afin de cristalliser une « nouvelle vision
stratégique » dont le but sera de réaliser le rêve des pères
fondateurs des États maghrébins modernes, qui était la création du
« Grand Maghreb ».
Les participants ont préconisé que la « nouvelle vision stratégique »
tienne compte des défis croissants aux niveaux régional et
international, principalement dans les domaines du climat, du
développement des connaissances et des technologies.
2-Réhabiliter l’idée maghrébine :
Les participants ont souligné la nécessité d’activer le rôle de la société
civile et scientifique dans la relance du rêve des générations et de
l’idée maghrébine qui se retrouve menacée aujourd’hui plus que jamais.
3- Etablir un espace de réflexion commun pour
l’élaboration d’alternatives :

Les participants au colloque ont appelé à lancer des pistes de réflexion
commune en impliquant les élites, les acteurs et les instances actives
dans les domaines de la connaissance, de la culture et de la société
civile, dans le but de développer et consolider les expériences
maghrébines dans les différents secteurs économiques et sociétaux
(jeunes, femmes, enfance…).
4- La création du « Forum maghrébin de Tanger » :
Le colloque a recommandé le lancement de consultations entre les
instances et les élites de la société civile et de la communauté du savoir
des cinq pays maghrébins et leurs diasporas, pour former un
mécanisme de communication et de coordination afin d’atteindre les
objectifs de cette initiative issue de l’esprit de la Conférence de Tanger à
l’occasion de son 65e anniversaire, sous le nom de « Tanger Maghreb
Forum ».

Actualités, points de vue 0 comments on Arslan Chikhaoui, géopolitologue, à L’Expression «Seuls les Brics peuvent équilibrer les relations économiques»

Arslan Chikhaoui, géopolitologue, à L’Expression «Seuls les Brics peuvent équilibrer les relations économiques»

La prochaine réunion des Brics en Afrique du Sud a valeur de test pour le nouvel ordre mondial. Son succès, c’est-à-dire, l’ouverture des adhésions, relèguera la mondialisation, dans sa version actuelle, au rang de vieillerie géopolitique. Les institutions de Bretton Woods perdront, à terme, toute leur influence. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, Arslan Chikhaoui nous apporte les clés pour comprendre ce qui se trame…

L’Expression: Quelle appréciation faites-vous du prochain sommet des Brics en Afrique du Sud?
Arslan Chikhaoui: Le 15e Sommet des Brics qui se tiendra du 22 au 24 août prochain à Durban sous la présidence annuelle de l’Afrique du Sud sera l’occasion d’entériner le processus des Brics+. L’expansion des Brics se fera avec l’incorporation des nouveaux membres qui ont déjà déposé leur candidature comme l’Algérie, l’Argentine et l’Iran ou ceux qui ont annoncé leur intérêt tels que l’Arabie saoudite, la Turquie et l’Égypte. Le processus de validation des candidatures se fait à l’unanimité et non à la majorité. Les Brics devront également décider à l’unanimité des critères effectifs d’adhésion de nouveaux membres. À ce stade et de manière globale, la Chine et la Russie sont favorables à l’expansion des Brics, par contre, l’Inde et le Brésil demeurent défavorables et l’Afrique du Sud n’a pas encore arrêté de position. Ce qui est certain, c’est que le sommet de Durban sera un grand challenge pour tous ces pays qui partagent en commun des valeurs du Mouvement des pays non-alignés. Les Brics sont considérés par les pays non-alignés comme le seul véhicule viable pour équilibrer le monde dans les relations économiques, commerciales, politiques et de sécurité, loin de la prédominance actuelle des États-Unis et des pays de l’Alliance atlantique. La question qui se pose est la suite: est-ce que l’Afrique du Sud réussira à fédérer la décision pour muter des Brics aux Brics+? À mon sens et compte tenu de la nouvelle dynamique mondiale post-crise sanitaire de Covid-19, ce passage s’effectuera lors du sommet de Durban avec, dans un premier temps, l’acceptation unanime d’incorporer de nouveaux membres en qualité d’observateurs.
Selon des observateurs avertis, Il y a déjà une immense pression politique de l’Occident sur l’Afrique du Sud pour ne pas permettre au président Poutine d’assister au sommet des Brics, sans compter les éventuels chantages économiques et commerciaux que risque de subir l’Afrique du Sud. La question de la présence du président Poutine et du mandat d’arrêt de la CPI a causé un certain malaise au sein du parti au pouvoir, l’ANC (African National Congress). Pour rappel, le congrès général du parti avait décidé il y a quelques années que l’Afrique du Sud devait quitter la CPI. Le président Zuma n’avait cependant pas réussi à mettre en oeuvre cette résolution qui met l’actuel président Ramaphosa dans une posture inconfortable. Je reste persuadé que cette question épineuse trouvera sa solution grâce au smart power de l’Afrique du Sud.

Qu’attendent les différents pôles de puissances et les institutions financières internationales du sommet de Durban?
Il faut dire que le prochain sommet des Brics va marquer un tournant majeur des systèmes occidentaux, qu’ils soient politiques, diplomatiques, commerciaux ou financiers, et dans quelle mesure ils résisteront au mouvement des Brics qui souhaite établir sa propre monnaie de réserve et s’éloigner du dollar américain. Lors de ce sommet une réflexion sur la question de savoir si nous sommes toujours sur une tendance de mondialisation ou plutôt si nous nous acheminons vers une déglobalisation et une régionalisation. Un autre point sera à l’ordre du jour, c’est celui de la relation des pays en développement qui dépendent des aides financières des institutions de Bretton Woods, qui pourrait également être revu après ce sommet des Brics. Un pas important pour les pays africains pourrait être franchi, en particulier, pour commencer à solliciter les aides financières auprès de pays dits «de l’Est´´ plutôt qu’aux pays occidentaux.
Je tiens à préciser que ce club des pays émergents Brics, rassemblant la Chine qui est de loin la plus puissante économiquement et qui constitue le grand rival à la première puissance économique mondiale que sont les Etats-Unis d’Amérique, et le Brésil, la Russie et l’Inde, se voit comme un possible contre-pouvoir du G20. L’Afrique du Sud, président en exercice des Brics, membre depuis 2011, s’inscrit dans cette politique de non-alignement, gardant des liens avec les États-Unis d’Amérique tout en favorisant le multilatéralisme et maintenant sa neutralité par exemple dans la crise politico-militaire russo-ukrainienne. À la présidence de cette organisation pour un an, le président sud-africain Ramaphosa devrait donc continuer à encourager le développement de ces relations Sud-Sud.
Si le sommet du Durban concrétise la première étape du passage de groupe Brics à Brics+ ce sera un pas effectif vers la multipolarisation du monde et par voie de conséquence vers des rivalités sans précédent.

En 12 ans de présence aux Brics, quelle bénéfice l’Afrique du Sud a pu en tirer?
L’Afrique du Sud reste, en termes démographique et économique, le plus petit membre des Brics, le pays espère avant tout pouvoir profiter de cette présidence tournante pour redonner du dynamisme à sa croissance et renforcer ses liens avec ses partenaires commerciaux de poids et, en premier lieu, le plus stratégique, à savoir la Chine. En échange, le pays offre un point de passage vers l’Afrique pour le reste du groupe qui souhaite développer son influence sur le continent. Pretoria entend bien mettre l’accent sur le potentiel de croissance du partenariat économique Brics-Afrique. Avec l’élargissement aux Brics+, le club des Brics qui possède actuellement plus de 70% des réserves mondiales des minerais rares connus sous le nom de «terres rares» passerait à 90%. Les terres rares sont l’objet de convoitises dans le monde, car elles sont nécessaires et indispensables à plusieurs industries de pointe et industries alternatives. Lors de son discours sur l’état de l’Europe, la Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a expliqué que «….les besoins en terres rares de l’Union européenne vont être multipliés par cinq d’ici 2030…» A cela s’ajoutera le levier pétrolier et gazier dont disposera le Brics+ du fait de l’incorporation des pays membres de l’Opep+.

L’Afrique du Sud compte organiser en décembre prochain, une conférence sur les Brics et les aspects juridiques, qu’en déduisez-vous?
Cette conférence de décembre prochain, aura lieu en comité élargi avec la participation des membres des Brics, aux côtés des autres pays conviés dont l’Algérie, l’Argentine, le Cambodge, l’Égypte, l’Éthiopie, les Fiji, l’Indonésie, l’Iran, le Kazakhstan, la Malaisie, l’Ouzbékistan, le Sénégal et la Thaïlande. Ce sera la première fois que la rencontre des représentants des Brics sera ouverte à des pays qui ne sont pas membres. Les participants à cette conférence examineront certainement la création d’un mécanisme de résolution des problèmes juridiques en lien avec la banque des Brics dénommée Nouvelle Banque de Développement (NBD) qui a été créée en 2014, et est en concurrence avec la Banque Mondiale et la Banque Interaméricaine de Développement. Ils discuteront également la création d’une nouvelle monnaie commune mise au service des économies des pays membres. Il est utile de rappeler que les cinq pays membres des Brics disposent d’avantages concurrentiels importants en totalisant 24% du PIB mondial et pourraient atteindre, selon les projections du World Economic Forum, 40% en 2025. Actuellement, leurs échanges économiques sont de l’ordre de 18%, et les IDE de 25%. Le poids des Brics est très conséquent par rapport au G7. À mon sens, cette initiative d’une conférence sur les aspects juridiques dénote la volonté politique des pays émergents d’encadrer les mécanismes alternatifs pour une perspective d’un monde multipolaire déglobalisé.

L’ALgérie est quasi assurée de figurer parmi les pays du Brics élargi. Le bénéfice économique et géopolitique est évident, mais qu’en sera-t-il de ses relations avec le bloc occidental?
L’adhésion de l’Algérie au club des Brics est à plusieurs détentes. En effet, elle marque de facto son adhésion à un monde multipolaire où les relations seraient plus équilibrées. Le regain de la dynamique diplomatique engagée par l’Algérie a renforcé son positionnement sur la scène internationale en tant qu’ État exportateur de stabilité, fidèle à ses principes immuables de politique étrangère et attaché au respect du droit et de la légalité internationaux. Dans un contexte mondial en proie à de profondes mutations, aux crises multiples et aux conflits d’intensité variable, l’Algérie est réputée comme étant l’une des rares voix audibles et crédibles sur qui la communauté internationale peut compter pour espérer une résolution de plusieurs dossiers sensibles. L’Algérie est un pays clé, pas seulement du point de vue des ressources minières, du potentiel agricole et de l’équilibre énergétique mondial, mais également eu égard à son influence régionale en tant que facteur de stabilité, notamment, dans la région sahélo-saharienne, ce qui intéresse beaucoup la Russie, la Chine et l’Afrique du Sud, mais également les pays influents de l’Alliance atlantique.
Ceci pour dire que l’Algérie opte pour une realpolitik dans ses relations internationales et par voie de conséquence affirme ses appartenances géographiques et définit ses aires d’intérêts communs et ses aires d’intérêts stratégiques. Elle affiche clairement ses positions de principe qui demeurent immuables depuis son indépendance, en l’occurrence sa posture déclarée de non-alignement. Tout cela n’est pas en contradiction avec sa volonté aussi bien de continuer à développer ses relations multidimentionnelles Nord-Sud que Sud-Sud.

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Les obligations tunisiennes chutent de façon spectaculaire

Les obligations tunisiennes ont chuté de façon spectaculaire après que le président Kaïs Saïed a indiqué, jeudi 6 avril 2023, qu’il rejetterait un plan de sauvetage du Fonds monétaire international, aggravant ainsi les craintes que le pays à court de liquidités ne se dirige vers un défaut de paiement, indique l’agence Bloomberg.

Les obligations tunisiennes en dollars arrivant à échéance en 2025 ont chuté de 4,1 cents pour atteindre 51,38 cents du dollar jeudi, soit le niveau le plus bas jamais enregistré. La dette tunisienne est considérée comme « en difficulté » depuis 2021, ce qui signifie qu’elle est supérieure d’au moins 10 % aux bons du Trésor américain aux mêmes échéances. Les obligations du pays en euros et en yens ont également chuté.

Pour Bloomberg, les derniers propos du président de la République sont les plus clairs à ce jour sur sa position concernant le plan de financement de 1,9 milliard de dollars pour lequel la Tunisie et le FMI ont conclu un accord au niveau des services du FMI en octobre. L’accord doit encore être soumis à l’approbation des administrateurs du bailleur de fonds international.

Ce report a fait craindre un défaut de paiement, qui aggraverait une crise sociale et économique déjà difficile.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken avait déclaré au Sénat américain en mars que « l’économie tunisienne risque de s’effondrer » sans le financement du FMI.

Interrogé jeudi 6 avril 2023 sur le crédit en cours du FMI, d’un montant de 1,9 milliard de dollars à verser sur quatre ans, le président a exprimé son opposition « aux instructions émanant de l’étranger et appauvrissant les Tunisiens ». Il a assuré que la Tunisie était « capable de sortir de la crise par ses propres moyens ».

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Erdogan: le président russe se rendra bientôt en Turquie

Le président russe Vladimir Poutine se rendrait en Turquie le 27 avril pour inaugurer officiellement la centrale nucléaire d’Akkuyu, a déclaré mercredi le président turc Recep Tayyip Erdogan.

Erdogan: le président russe se rendra bientôt en Turquie

« M. Poutine sera peut-être présent le 27 avril pour inaugurer la centrale d’Akkuyu, ou bien il y assistera en ligne », a déclaré M. Erdogan lors d’une interview diffusée en direct sur les chaînes turques A Haber et ATV.

Le président turc a déclaré que la centrale d’Akkuyu était un « investissement indispensable » aux yeux de la Turquie, ajoutant que l’installation aiderait le pays à « stocker de l’énergie en grande quantité ».

La centrale d’Akkuyu, actuellement en construction dans la province méridionale de Mersin, sera la première centrale nucléaire du pays.

Son premier réacteur devrait être prêt à fonctionner en 2023, et la centrale, dans son ensemble devrait être opérationnelle en 2025. Le projet a débuté par un accord intergouvernemental conclu en 2010 entre la Turquie et la Russie.

La centrale, qui aurait une capacité de 4800 mégawatts et quatre réacteurs, devrait commencer à produire de l’électricité dans le courant de l’année.

En outre, en ce qui concerne la guerre entre la Russie et l’Ukraine, M. Erdogan a déclaré que la Turquie ne prendra pas parti dans le conflit, formulant le souhait de résoudre le conflit par la médiation.

La Turquie, reconnue internationalement pour son rôle de médiateur entre l’Ukraine et la Russie, a tenté, à plusieurs reprises, de ramener Kiev et Moscou à la table de négociations.

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M.al-Sayeh, discute avec l’ambassadeur de France des derniers développements du processus électoral.

Tripoli, 20 Mars 2023 (Lana) – Le chef de la Haute Commission électorale nationale, M. Imad al-Sayeh, s’est entretenu aujourd’hui avec l’ambassadeur de France en Libye, M. Moustapha Maharaj, et la délégation qui l’accompagne, les derniers développements en cours sur le chemien du processus électoral en Libye a été abordé.

Cela s’est faite lors d’une réunion tenue au siège de la Commission électorale à Tripoli, dans le cadre du soutien de la France au processus électoral dans le pays – selon la Commission.

La réunion a également examiné les moyens de soutenir les propositions et les efforts nationaux qui recherchent la paix et la stabilité et visent à parvenir à un consensus entre les partis politiques afin d’obtenir les avantages escomptés.

L’ambassadeur de France a affirmé que le soutien de son pays aux efforts de la commission se poursuit pour parvenir à des élections libres et crédibles qui reflètent la volonté de l’électeur libyen, louant les efforts entrepris par la commission pour faire face aux processus électoraux précédents.

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Visites de Bachar aux Emirates, Oman et Moscou ..La normalisation arabe avec Damas « conditionnée ».. Par Kamel Ben Younes

Visites de Bachar aux Emirates, Oman et Moscou :

La normalisation arabe avec Damas « conditionnée »..

+ Les alliances geo stratégiques régionales devraient elles changer ?

Par Kamel Ben Younes

Les visites du président syrien Bachar Assad au Sultanat d’Oman, aux Emirates Arabes Unis ( EAU) et à Moscou ne semblent pas faciliter la  » réconciliation » entre la ligue arabe et Damas.

Cinq mois après le sommet arabe d’ Alger et ses résolutions sur la « réconciliation inter arabe » en général, avec Damas en particulier, le statu quo règne.

Les « réserves » exprimées dans les coulisses diplomatiques régionales et internationales persistent.

Préconditions [K1] ..

Certaines capitales arabes et internationales présentent des « préconditions », dont une démarcation entre les autorités syriennes et certains de ses alliés géo stratégiques et voisins, dont l’Iran, la Turquie, l’Iraq le Hezbollah et ses alliés au Liban ainsi que les principaux mouvements palestiniens, notamment le Jihad et Hamas…

A l’échelle internationale, Damas est appelée à prendre ses distances de Moscou, de la Chine ainsi que de leurs  » alliés stratégiques » dans la région arabo africaine , dont l’Algérie..

Dans le court terme, les autorités syriennes sont appelées à « ralentir » le processus de « normalisation généralisée » avec Ankara, afin de ne pas offrir « un cadeau politique  » au président Rejeb Taieb Ordaghan au détriment des candidats de l’opposition dans les élections de Mai prochain.

La coopération militaire avec l’Iran

Telaviv Washington et certains de leurs alliés vont plus loin.

Il ne suffit pas de se démarquer de Tehran politiquement . Il faudrait « réduire à zéro » d’abord la présence militaire iranienne sur le territoire syrien.

C’ est ce qui expliquerait les différentes attaques aériennes israéliennes depuis des années contre des aéroports et « sites stratégiques » syriens.

Israël prétend attaquer des « cibles militaires iraniens »

Or il s’ agirait la aussi d’un  » grand piège » : le régime syrien n’était pas tombé après les « guerres par procuration » depuis 2011 grâce au support militaire iranien et russe.

Les russes grâce à un soutien aérien. Les Iraniens sur le sol avec les dizaines de milliers de « combattants » et de « volontaires » libanais, arabes et iraniens.

Une rupture entre Damas et ses alliés stratégiques à Tehran, Beyrouth et Moscou signifie un changement radical de sa politique étrangère adoptée depuis plus de 40 ans.

Alternatives

Quelle serait l’alternative ?

Riadh et certains de ses alliés régionaux proposent un plan de « réconciliation » séduisant à Damas.

L’initiative saoudite prévoit un financement arabe des efforts de  » reconstruction des villes syriennes en ruine » ainsi que les opérations de « réintégration » des millions de citoyens syriens déplacés depuis le déclenchement des conflits armés en 2011.

Le plan saoudite et certaines « initiatives arabes » prétendent aussi des  » médiations » entre Damas et les leaders de l’opposition syrienne à l’étranger, afin d’arriver à une « amnistie générale, des élections libres, des réformes politiques et économiques et une modernisation des structures de l’état.

Médiations de l’ Iraq et la Chine

Les initiatives d’ Alger ainsi que les médiations iraquiennes, Omanaise et chinoises faciliterait la réintégration de Damas dans la Ligue Arabe.

La réconciliation entre Riadh et Tehran était le fruit d’un long processus de » débats « et de » négociations  » à Baghdad, Riadh et Pékin…

Les sommets arabo chinois et Chine Golfe de Riadh, en décembre dernier, avaient préparé le terrain.

Dans un monde où le multipartisme devient une priorité absolue, des pays arabes et musulmans s’impliquent sérieusement dans des démarches diplomatiques régionales et internationales qui essaient de mettre fin à « l’unilatéralisme » imposé depuis la chute du mur de Berlin en 1988.

Un nouveau équilibre régional

En attendant le sort des initiatives arabes et internationales sur la Syrie, le Golfe, le Yémen, le Liban et la Palestine, un rôle plus important des Nations unies et de la Ligue Arabe est suggéré.

Si les états arabes n’accélèrent pas le processus de la  » réintégration de la Syrie », ses dirigeants seraient condamnés à faire de nouvelles « concessions » à d’autres forces régionales et internationales dont l’Iran, la Turquie, Israël et les USA.

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Guerre en Ukraine : Quel soutien la Chine apporte-t-elle à la Russie ?

Le président chinois Xi Jinping rencontre le président Vladimir Poutine à Moscou lors de son premier voyage en Russie depuis l’invasion de l’Ukraine.

La Chine est devenue un partenaire commercial de plus en plus important pour la Russie, qui cherche à atténuer l’impact des sanctions économiques imposées par certains pays en réponse à son invasion.

Les États-Unis ont déclaré que Pékin envisageait de fournir des armes et des munitions à la Russie, des allégations que la Chine dément fermement.

La Chine fournit-elle des armes à la Russie ?

La Chine a développé ses capacités de production militaire et est aujourd’hui le quatrième exportateur d’armes au monde.

« Les armes chinoises sont de plus en plus perfectionnées », explique Siemon Wezeman, de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm.

« Ses drones, par exemple, sont un domaine qui intéresserait beaucoup la Russie.

Les États-Unis affirment que des entreprises chinoises ont déjà fourni un « soutien non létal » à la Russie et qu’ils disposent de nouvelles informations suggérant que Pékin pourrait bientôt fournir un « soutien létal ».

Maria Shagina, experte en sanctions économiques à l’Institut international d’études stratégiques, affirme que la Chine n’a pas ouvertement fourni d’armes à la Russie, mais qu’elle pourrait lui vendre secrètement des produits de haute technologie susceptibles d’être utilisés à des fins militaires.

« Il est prouvé que la Chine est le plus grand exportateur de semi-conducteurs vers la Russie, souvent par l’intermédiaire de sociétés écrans à Hong Kong et dans les Émirats arabes unis », explique-t-elle.

« Certaines entreprises chinoises fournissent également des drones civils, exploitant ainsi la zone grise entre les utilisations militaires et civiles.

Le Center for Advanced Defense Studies, basé aux États-Unis, affirme que des entreprises chinoises pourraient envoyer à la Russie des pièces électroniques pour des radars de missiles antiaériens.

Les États-Unis ont également imposé des sanctions à une entreprise chinoise qui, selon Washington, a fourni des images satellite pour soutenir les forces mercenaires russes combattant en Ukraine.

Le principal partenaire commercial de la Russie

Des travaux sur le tronçon chinois d'un gazoduc en provenance de Russie en 2017

CRÉDIT PHOTO,GETTY IMAGES

Légende image,Des travaux sur le tronçon chinois d’un gazoduc en provenance de Russie en 2017

Après l’invasion de l’Ukraine par la Russie il y a un an, les pays occidentaux ont imposé des sanctions strictes à la Russie, interdisant les importations de pétrole et les exportations de produits de haute technologie.

De nombreuses entreprises occidentales ont complètement coupé leurs liens avec la Russie, et ses échanges avec les États-Unis, le Royaume-Uni et les pays de l’UE se sont effondrés au cours de l’année 2022.

Toutefois, le commerce global de la Chine avec la Russie a atteint le niveau record de 190 milliards de dollars en 2022, soit une augmentation de 30 % par rapport à l’année précédente.

Les importations russes en provenance de Chine ont augmenté de 13 % pour atteindre 76 milliards de dollars et les exportations vers la Chine ont augmenté de 43 % pour atteindre 114 milliards de dollars.

Alors que les échanges commerciaux de la Russie avec les pays occidentaux ont chuté en 2022, la Chine est devenue, de loin, son principal partenaire commercial.

Quelle quantité de pétrole et de gaz la Chine achète-t-elle à la Russie ?

La deuxième phase du terminal GNL est en cours de construction

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Légende image,Le terminal chinois de Tianjin reçoit du gaz naturel liquéfié en provenance de Russie

Près de la moitié des recettes annuelles du gouvernement russe proviennent du pétrole et du gaz, dont les ventes aux pays de l’UE ont chuté l’an dernier sous l’effet des sanctions.

Une grande partie de ce déficit a été comblée par l’augmentation des ventes à l’Asie.

En 2022, la Russie a exporté deux fois plus de gaz de pétrole liquéfié (GPL) vers la Chine que l’année précédente. Elle a également livré 50 % de gaz naturel en plus via le gazoduc Power of Siberia, et 10 % de pétrole brut en plus.

Le groupe des pays économiquement développés (G7), ainsi que l’Union européenne et l’Australie, ont tenté d’imposer un plafond mondial sur le prix du pétrole russe transporté par voie maritime, mais la Chine a refusé d’obtempérer et achète le brut russe aux prix du marché.Il existe également des projets à plus long terme visant à développer les liens énergétiques.

Les deux pays ont convenu de construire un nouveau gazoduc (Power of Siberia 2). Le gazoduc existant entrera en service en 2019, dans le cadre d’un contrat de 30 ans d’une valeur de plus de 400 milliards de dollars.