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Yemenis Hold Mass Rally to Condemn Desecration of Holy Qur’an in Sweden

Tens of thousands of Yemeni people have poured to the streets in Yemen to condemn the burning of a copy of the Holy Qur’an, Islam’s most revered book, by a Swedish-Danish right-wing extremist in the Swedish capital city of Stockholm.

Demonstrators took part in a mass rally in the northwestern Yemeni city of Sa’ada on Monday to express their outrage over the sacrilegious act and censure the silence and inaction of some Arab and Muslim countries in the face of the move.

They also chanted slogans such as “Qur’an has its own supporters,” “Oppressors will be disgraced,” “Burning Qur’an is an act of aggression,” “God’s enemies burned the Qur’an”, and “O Muslims, unite and do not be afraid of enemies’ deception.”

Sa’ada Provincial Governor, Mohammed Jaber Awad, decried the burning of the Qur’an in Sweden as he addressed the protesters. He said it came amid rising Islamophobia in Europe, amplified by politicians using anti-Muslim rhetoric.

He held Sweden fully responsible for the consequences of the sacrilegious and criminal act and urged Muslims and freedom-loving people of the world to take to the streets in total rejection of the desecration.

Awad also slammed the move as a brazen attack that falls within the framework of anti-Islamic actions in the West, demanding a thorough investigation into the incident.

Rasmus Paludan, the leader of the Stram Kurs (Hard Line) Party, under the protection of police and with permission from the government, burned a copy of the Quran outside the Turkish embassy in Stockholm on Saturday.

The Turkish foreign ministry responded immediately in a statement.

“We condemn in the strongest possible terms the vile attack on our holy book… Permitting this anti-Islam act, which targets Muslims and insults our sacred values, under the guise of freedom of expression is completely unacceptable,” the ministry said.

Turkish Foreign Minister Mevlut Cavusoglu vented fury at Swedish authorities’ failure to ban the protest. “It’s a racist action, it’s not about freedom of expression,” he said.

Many Arab and Muslim countries – including Iran, Pakistan, the United Arab Emirates, Jordan and Kuwait – also denounced the Qur’an burning.

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Tunisie – Tabboubi : Saïed aurait dû capter le message du peuple


Le secrétaire général de l’UGTT, Noureddine Tabboubi, a réitéré, ce lundi, a position du syndicat en rapport avec les dernières élections, en assurant qu’elles perdent toute crédibilité.

Il a déploré l’absence de sens politique des dirigeants, qui auraient dû saisir le message du peuple, qui disait son refus de l’ancien système, mais aussi de l’actuel mis en place par Saïed, qui aurait dû accuser le coup et arrêter son projet, le temps d’y voir plus clair, peut-être, à travers un dialogue national.

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Une region en « guerre froide » depuis des décennies… Par Kamel Ben Younes

:

Une nouvelle coopération stratégique est elle prévisible ?
* Une region en « guerre froide » depuis des décennies…

Par Kamel Ben Younes

Les derniers rapports de Bruxelles confirment que les programmes de l’Union européenne prévus de coopération avec les pays sud méditerranée et de « voisinage »
ont été réduits, à cause de Corona et surtout de la guerre en Ukraine.
Les budgets « ambitieux » pour intégrer les « pays de voisinage » ont été affecté.
Les slogans de coopération du fameux processus de Barcelone 1995 risquent d’être « mis sur la sellette. »
Les experts des deux rives de la méditerranée reconnaissent dans leurs dernières études et rapports que la nouvelle propriété de l’ Europe depuis le début de la guerre en Ukraine n’est plus ses partenaires méditerranéens mais d’augmenter ses dépenses militaires et de sécurité en relation avec l’aggravation des conflits entre les pays de l’Otan et le nouveau « bloc des pays de l’ Est, dont la Russie, la Chine et leurs alliés.
Les nouvelles déclarations du président français aux USA et du chancelier allemand en Chine confirment les nouvelles priorités économiques et sécuritaires de la » nouvelle Union Européenne  » et de ses deux principaux fondateurs,la France et l’Allemagne.
Les intérêts » nationaux » l’emportent, avec l’émergence de nouvelles « divergences » entre Berlin et Paris, notamment dans leurs dépenses militaires et leurs  » nouveaux grands contrats internationaux ». L’Allemagne s’engage plus avec la Chine. La France entre en compétition avec le Royaume-Uni dans ses orientations Atlantiques.
On est loin des politiques « anti américaines » des présidents Charles de Gaules, de François Mitteran et de Jacques Chirac.
Les « rêves » de créer une  » force européenne commune » et une politique de sécurité et de développement durable des 27 pays de l’ UE+ 12 pays méditerranéebs s’évaporent..
On s’eloigne de plus en plus de la fameuse « stratégie » du processus Euro Med : libéralisation des mouvements des capitaux, des marchandises et des personnes entre les deux rives de la Méditerranée.
La montée de l’extrême droite des « populistes » et des extrémistes dans les pays du nord et au sud réduit le rôle politique des décideurs à Bruxelles qui promettaient aux « voisins » tous les droits « sauf l’adhésion » à l’union européenne.
Dans cette conjoncture, les hauts responsables en Tunisie, ainsi que leurs homologues au Maghreb et dans le moyen orient, essaient de diversifier leurs partenaires économiques et sécuritaires régionaux et internationaux.
On prévoit des » repositionnements « geo stratégiques, d’ici la fin de la guerre en Ukraine.
Quelque que soit le résultat militaire de cette guerre, ses impacts politiques et économiques seront très profonds et compliqués.
Un » nouvel ordre mondial  » serait imposé. L’ unilatéralisme disparaîtrait.
Dans le monde arabo africain , le rôle des pays non arabes va augmenter , dont la Turquie, l’Iran, Israël, la Chine et l’ Inde..
Celui de l’Europe risque d’être » réduit »… surtout si ses leaders « nationalistes » de l’extrême droite réussissent à imposer leurs politiques hostiles à la migration et aux facilités de visas , y compris pour les pays de l’Afrique du Nord.
Les dernières concertations
entre les ches d’états et de gouvernements de la Tunisie, l’Algérie et la Libye pourraient relancer le processus de l’édification du  » Grand Maghreb », d’appliquer les centaines de protocoles et de conventions de coopération et de libre échange.
Les trois pays pourraient en profiter. Le coût du  » non Maghreb » est au moins 2 points perdus du taux de croissance.
Cependant, il ne faut pas trop rêver.
Certains conflits « régionaux » risquent de bloquer les tentatives de relance de coopération inter maghrébine, dont le dossier du Sahara que le Maroc veut régler « immédiatement », après le soutien de Washington, de Madrid et de Telaviv à son « plan d’autonomie élargi pour les Sahraoui au sein du royaume ».
Jusqu’à présent Alger et le Polizario ne sont pas d’accord.
Les gouvernements de Tunisie et de la Libye se trouvent plutôt « coincés ».
Ils ont besoin de leurs grand voisin de l’ouest. Mais ild ne veulent pas perdre Rabat et ses alliés stratégiques, aux USA, dans le Golfe et en Europe.
Le grand défi est de réussir une nouvelle « politique extérieure de neutralité positive » entre Alger et Rabat, sans s’impliquer directement dans le  » conflit du Polizario », hérité de la période de la « guerre froide » d’avant 1988.
En tout cas, l’Europe améliorera beaucoup mieux les conditions de coopération et de partenariat avec un « Grand Maghreb Uni » qu’avec cinq pays « en guerre froide » et en crise.

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Déclaration du Commissaire européen à la Justice, Didier Reynders, après sa rencontre avec le Président Kaïs Saïed

Je viens de réitérer au Président Saïed le soutien de l’Union européenne au peuple tunisien.

Nous croyons à la volonté des Tunisiens d’ancrer la Tunisie comme pays démocratique, et que cela restera un choix irréversible.

Néanmoins, comme nous l’avons exprimé à plusieurs reprises pendant cette année de transition, toute démocratie a besoin d’un maximum d’inclusivité.

Pour sauvegarder tout acquis démocratique, il est essentiel de renforcer l’État de droit, la séparation des pouvoirs, l’indépendance de la justice et le respect pour les droits humains.

La liberté d’expression, la liberté de la presse, la liberté de manifestation ainsi que les autres libertés fondamentales sont des valeurs essentielles des États démocratiques et de l’UE. C’est la grandeur de la Tunisie d’avoir pu développer une société civile si dynamique et une presse résolument libre. Ce sont des acquis qu’il faut sauvegarder à tout prix. Nous y veillons au sein de l’UE, notamment à travers la publication du rapport sur l’État de droit. Nous faisons de même concernant les pays candidats ou partenaires en collaboration avec le Conseil de l’Europe, en particulier la Commission de Venise ou le Greco.

Ces principes forment la base de notre partenariat stratégique. Aujourd’hui l’UE et ses États membres se préoccupent par rapport à leur pleine soutenance.

La préparation et les modalités de déroulement des élections législatives annoncées pour le 17 décembre devraient être l’occasion de favoriser un véritable échange dans le cadre d’un dialogue national inclusif entre tous les acteurs sociaux et politiques.

L’Union européenne a rappelé à plusieurs reprises que ce dialogue est une condition essentielle pour la soutenabilité des réformes politiques et économiques.

L’Union européenne continuera à suivre de près les prochaines étapes du pays et restera aux côtés du peuple tunisien et à l’écoute de ses besoins. Elle réaffirme sa disponibilité et sa volonté à apporter son soutien pour mener à bien le retour à la normalité démocratique.

L’Union européenne continuera également de soutenir le peuple tunisien pour répondre aux défis socio-économiques et financiers majeurs auxquels la Tunisie est confrontée, aggravés par l’impact de la pandémie de COVID-19 et par l’agression russe contre l’Ukraine sur la sécurité alimentaire et énergétique.

J’invite bien entendu les autorités tunisiennes à poursuivre leur étroite collaboration avec l’Union européenne en ce qui concerne la réalisation et le bon déroulement des projets de coopération, en particulier en matière de Justice. J’aurai l’occasion d’aborder concrètement ces diffèrent sujets avec plusieurs membres du gouvernement aujourd’hui et je sais que j’aurai l’occasion avec le Président d’en reparler dans les mois qui viennent pour assurer une collaboration et une coopération pleine et entière entre la Tunisie et l’Union européenne au bénéfice du peuple tunisien.

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Sommet de la francophonie de Jerba : Le pragmatisme attendu.. pour « une neutralité positive » .. Par Kamel Ben Younes

Sommet de la francophonie de Jerba :

Le pragmatisme attendu.. pour « une neutralité positive »
++ Un nouveau ordre mondial s’impose

Par Kamel Ben Younes

C’est confirmé. Le sommet des chefs d’état et du gouvernement des etats francophones aura lieu le 19 et 20 novembre à Jerba, au sud de la Tunisie.
Les grands « leaders » européens, africains et mondiaux de la francophonie seront au rendez-vous, y compris le président français , le chef du gouvernement canadien et le président sénégalais président en exercise de l’Union Africaine ..
Des leaders et ministres représentant des pays arabes ou anglo-saxons vont assister également, en tant qu’observateurs…
Beaucoup de pays seront représentés par plusieurs delegations : des parlementaires, des représentants des gouvernement et de la société civile, des hommes d’affaires ainsi que des intellectuels indépendants…
La conjoncture nationale et internationale va priver la Tunisie d’organiser un grand « festival culturel et politique à 8 000 participants  » en marge du Sommet des chefs d’états.
Cependant, certains  » conflits » entre Carthage et les « patrons » de la « Francophonie mondiale » ont été partiellement réglé après le référendum du 25 juillet et le lancement du processus des élections du 17 décembre, malgré les réserves et des campagnes médiatiques occidentales contre le processus politique d’après 25 juillet 2021…
Il est clair que « les grands décideurs » en France, en Europe, au Canada et aux États-Unis ont changé de « stratégie » et de « tactiques » en vers la Tunisie et son gouvernement .
Au lieu de « boycotter » le processus et le gouvernement de Kaies Seaied, ils ont décidé de collaborer avec lui et de  » l’accompagner « , tout en  » l’encourageant  » à un retour rapide à un « processus démocratique et parlementaire inclusif » et au dialogue national…
Cette évolution est très importante.
Il est dans l’intérêt de Carthage, de la Casbah, de la société cuvile et de l’opposition de comprendre le message…
Le pragmatisme s’impose à tous les acteurs.
Les difficultés économiques, sociales et politiques de la Tunisie ne cessent d’augmenter.
Les impacts négatifs du Corona, de la guerre en Ukraine et en Europe et de la hausse des prix des hydraucarbures risquent d’ aggraver les risques d’explosion socio sécuritaire en Tunisie, dans les pays du Sud de la méditerranée et dans toute la région Euro Med.
Dans cette conjoncture, la diplomatie _ aussi bien gouvernementale, économique et « parallèle »_est appelée à jouer un rôle décisif.
Il faudrait d’abord agir ensemble pour atteindre les objectifs nationaux et servir les priorités du pays, y compris la relance de la coopération, l’amélioration des investissements mixtes et la libéralisation des mouvements des personnes, des marchandises et des capitaux dans les 2 sens…
Malgré certains « malentendus », les visites de leaders et de « grands décideurs » français, européens, canadiens et africains pourraient ouvrir des perspectives à la Tunisie en général, au Sud du pays en particulier.. y compris en ce qui concerne la résolution de la « crise en Libye » et des conflits entre le Maroc et l’Algérie…
Il ne faut surtout pas rater cette occasion,pour servir « l’intérêt national » du pays et de la region
C’est une opportunité pour défendre une « neutralité positive » dans les conflits régionaux et internationaux, dans cette période de « reconstruction de l’ordre mondial » et de la  » régulation des rapports entre les grands pays de l’ouest et dd l’OTAN..
Les décisions du sommet arabe d’Alger pourraient être » une carte de négociation  » aussi bien pour les diplomates et responsables tunisiens que pour leurs voisins maghrébins et euro méditerranéens…
Bon courage…

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BRICS : C’est officiel, Tebboune dépose sa demande pour rejoindre Poutine et Jinping

Le président algérien, Abdelmajid Tebboune, avait annoncé publiquement le 31 juillet 2022 son intention de rejoindre les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), il l’a confirmé en septembre dernier. C’est chose faite depuis peu : «l’Algérie a déposé une candidature officielle pour rejoindre le groupe BRICS» rapporte Algérie 360° ce mardi 8 novembre.


L’information a été livrée par l’envoyée spéciale en charge des grands partenariats internationaux au ministère des Affaires étrangères, Leila Zerrouki, lors du Forum de la Radio nationale. Ce sujet trotte dans la tête de Tebboune depuis sa participation au dernier sommet des BRICS, qui a eu lieu fin juin 2022, présidé par la Chine. «L’adhésion à ce groupe mettrait l’Algérie, pays pionnier du non-alignement, à l’abri des tiraillements entre les deux pôles», arguait le président algérien il y a quelques mois, le fruit est mûr semble-t-il.

A noter qu’en septembre dernier, l’ambassadeur de Russie en Algérie, Valerian Shuvaev, avait confié que le Kremlin ne trouvait aucun inconvénient à ce que l’Algérie intègre les BRICS. Il avait réaffirmé lors d’une conférence de presse au siège de l’ambassade de Russie en Algérie que «la Russie n’a aucune objection au désir de l’Algérie de rejoindre le groupe BRICS, et le président Tebboune a écrit au président Poutine à ce sujet».

Le contraire nous aurait étonné vu les liens très étroits entre la Russie et l’Algérie. Même enthousiasme du côté de Pékin. Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, avait dit à New York (Etats-Unis) en septembre 2022, en marge de l’Assemblée générale des nations unies, que la Chine bénit le projet de l’Algérie, un «grand pays en développement» et un «représentant des économies émergentes»…

Reste maintenant à gérer les états d’âme des partenaires occidentaux de l’Algérie. Mais à en croire les actes posés dernièrement par les USA et la France, cette affaire n’est pas de nature à compromettre les relations entre Alger et ses alliés occidentaux. D’ailleurs le président français, Emmanuel Macron et Tebboune se sont vus hier à Charm El-Cheikh, en Egypte, dans le cadre de la Conférence des nations unies sur les changements climatiques – COP27. La rencontre fut très chaleureuse et Macron a félicité Tebboune pour le succès de la 31ᵉ session du Sommet arabe.

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Un impôt sur la fortune, mais pour qui ? .. Par Sofiene Ghoubantini

L’annonce, à la date du 15 octobre 2022, de la conclusion d’un accord de principe entre le gouvernement et le Fonds monétaire international (FMI) a conduit à un accroissement sans précédent des débats et des échanges autour du programme gouvernemental de réformes. Peu sont ceux qui ont salué la chose en raison de l’absence de détails et de précisions au sujet des mesures que l’équipe de Bouden compte mettre en place. Plusieurs personnes ont déduit que le refus de communiquer sur ce sujet vient des dispositions de l’accord en question. On crie au scandale et à la trahison. Même du côté des soutiens à Kaïs Saïed, on reprend cet argument. D’autres ont estimé que la Tunisie n’aurait même pas dû se diriger vers un financement de la part de cette institution. Le gouvernement, quant à lui, persiste dans le refus de dialoguer et de répondre aux questions portant sur ce sujet. Il a opté pour une véritable politique de passage en force.

Maintenant que nous nous sommes retrouvés devant le fait accompli, le gouvernement a choisi d’opter pour une nouvelle approche. Au lieu de refuser les déclarations et les interviews, on refuse de répondre avec précision aux questions. Plusieurs déclarations ont été accordées au sujet des réformes envisagées, mais aucune d’entre elles n’apporte de détails concrets. L’interview accordée par la ministre des Finances, Sihem Nemsia à la chaîne télévisée Attessia et diffusée à la date du 3 novembre 2022 en est la parfaite illustration. L’interview a duré près de deux heures, mais aucun détail n’a pu être arraché de la bouche de la ministre. Elle s’est contentée de reprendre quelques généralités au sujet de la levée des compensations et de la restructuration des entreprises publiques. Elle a tenu à préciser que les compensations seront redirigées sous forme de transferts directs de fonds aux consommateurs au lieu d’être appliquées au prix de vente. Sihem Nemsia a magnifiquement esquivé les questions des deux journalistes et a bourré le débat de détails portant sur le déroulement des réunions entre les représentants des ministères ou avec les équipes du FMI.

Tout allait bien jusqu’à la dernière partie de cette interview où la question de la réforme fiscale fut abordée. La ministre a essayé de se maîtriser et de maintenir son ton autoritaire, mais en vain ! Ce qui avait fait basculer la situation n’était autre que le terme « impôt sur la fortune ». Sihem Nemsia a essayé de bien présenter la chose en abordant au début la question du régime forfaitaire ayant permis à plusieurs individus de fuir leurs obligations en déclarant de faux montants de revenus. Elle a, aussi, insisté sur la solidarité fiscale et sur l’injustice vécue par les salariés. Ces derniers sont des citoyens modèles en matière fiscale puisque le prélèvement s’opère avant même que l’employé puisse mettre la main sur sa rémunération. Par la suite, Sihem Nemsia a affirmé que cette mesure était soutenue par les participants à une récente réunion du Conseil national de fiscalité qui s’était déroulée quelques jours auparavant. Elle a révélé que l’impôt sur la fortune faisait partie des réformes soumises au FMI.

Néanmoins, tous ces détails-là ne nous permettent pas de comprendre la chose. Il ne s’agit que de généralités et d’arguments portant sur les fondements de la mise en place d’une telle mesure. Annoncer la mise en place d’un impôt sur la fortune afin d’établir une égalité et une solidarité fiscale n’est pas suffisant. Les citoyens ont besoin de beaucoup plus de détails. Comment ? Qui ? Quand ? La ministre n’a répondu à aucune de ces questions ! S’agira-t-il d’une mesure visant les personnes à fort revenu ? Un citoyen appartenant à cette catégorie et ne possédant pas ou que peu de biens serait donc une personne fortunée et devra payer un impôt sur la fortune ? La réforme, portera-t-elle sur le cas contraire, c’est-à-dire des personnes à faible revenu, mais à fort patrimoine ? L’Etat demandera, donc, à des personnes sans revenu de payer un impôt en raison de la possession d’un bien de valeur sans prendre en considération l’aspect humain et social de la chose ! Et si le transfert de propriété d’un bien résultait d’une succession ? On demandera à des citoyens de payer un impôt pour avoir hérité d’une maison ou d’un appartement suite au décès d’un parent. Cela semble bien logique ! Mais, si la personne n’avait pas les moyens de payer cet impôt ? Une personne sans revenu qui hérite du domicile familial devra trouver un moyen pour honorer ses engagements auprès de l’Etat ou mettre fin à cette obligation ! Seule issue : vendre le bien familial et abandonner son héritage ! C’est ce que l’Etat attend, donc, de ses citoyens ?

Le terme « impôt sur la fortune » nous amène toujours à penser à des personnes considérablement riches, multipliant les voyages à bord de leurs jets privés et passant leurs vacances dans l’une de leurs résidences secondaires. Or, la déclaration de la ministre n’apporte pas de précisions à ce sujet. L’application de l’impôt sur la fortune, concerne-t-elle la seconde résidence d’été ou toute résidence quel que soit son objet ? Ceci ne devrait pas dépendre de la valeur de la maison ou du nombre de propriétaires ? Prenons un exemple fortement lié à notre réalité : les résidences d’été propriétés de frères, sœurs ou cousins. Plusieurs personnes choisissent d’épargner et de cotiser ensemble afin d’acquérir un appartement ou une maison dans l’une des zones touristiques afin de savourer à tour de rôle quelques jours de vacances. Ces derniers seront considérés comme des personnes aisées et devront payer un impôt sur la fortune.

Les exemples précédemment évoqués portent sur des biens immeubles. Or, le patrimoine d’une personne peut comporter des biens meubles et de valeurs peuvent le qualifier de personne riche et aisée. N’importe quel citoyen pourrait choisir de ne pas investir dans une maison et de s’orienter vers l’acquisition d’actions en bourse. Cette personne, sera-t-elle assujettie à l’impôt sur la fortune ? Qu’en est-il des collections d’œuvres d’art et des biens de valeurs telles que les voitures de collection ? On devra procéder à leur évaluation afin de déterminer si leur propriétaire était riche ou pas ! Les services du ministère des Finances, sont-ils suffisamment outillés pour procéder à la chose ? Pourrions-nous suivre le transfert des biens concernés ? Ceci, ne nécessite-t-il pas la mise en place d’un système complexe et technique afin de garantir une application adéquate de cet impôt ?

Les interrogations ne peuvent que s’accumuler en raison du manque de détails. Rien de tout cela n’est clair ! La ministre a raté une occasion d’expliquer aux Tunisiens ce qui les attendait et comment ils devaient appréhender la chose. Elle a trop parlé, certes, mais pas assez. Sihem Nemsia a carrément lâché une bombe durant cette interview en parlant d’impôt sur la fortune. Un impôt qui, selon elle, devra faire son entrée en vigueur suite à l’adoption de la Loi de finances 2023. Ainsi, nous allons devoir attendre la fin du mois de décembre pour découvrir à quoi exactement, nous allons devoir faire face. Un impôt sur la fortune dans sa forme la plus standard et visant une toute petite partie de la population ou alors une autre chimère rappelant certaines dispositions de la Loi de finances 2022 et dont l’application n’a toujours pas eu lieu.

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Forum de Carthage pour la Sécurité et le Développement : Les médias tunisiens entre professionnalisme, manipulation et mercenariat

« La sécurité médiatique et cybernétique, lectures et approches », c’est la thématique débattue lors d’une rencontre organisée dernièrement par le Forum de Carthage pour la sécurité et le développement. Une rencontre durant laquelle fut discutée avec une grande franchise la question des médias tunisiens par des académiciens et des journalistes chevronnés face à un parterre avisé de hautes compétences venues de différents horizons.

« Lorsqu’on demande aux répondants de nommer des journalistes auxquels ils font confiance, leurs réponses démontrent clairement que le public classe sous le même parapluie “journaliste“, “présentateurs de nouvelles“, “animateurs“, “chroniqueurs d’opinion“ et “commentateurs ».

Un constat relevé par le Centre d’études sur les médias de l’Université Laval publiée en 2020 qui citait également les influenceurs qui se greffent au journalisme sous les couverts de « fins communicateurs » et qui apparaissent dans les médias de plus en plus fréquemment.

Ce constat correspond parfaitement à la réalité des médias nationaux où l’amalgame entre journalistes et blogueurs, influenceurs, “instagrammeurs“ citoyens journalistes et activistes des réseaux sociaux est monnaie courante.

Conséquence : on sème la confusion et on ne facilite pas la tâche aux lecteurs, auditeurs et téléspectateurs qui n’arrivent plus à distinguer le vrai du faux.

Dans le cas tunisien, on a vu des interventions intempestives venant d’organisations internationales américaines mais aussi européennes dans les médias nationaux, notamment les organisations professionnelles et les syndicats. Sous prétexte de former les médias profanes dans la liberté d’expression (sic), ces organisations les ont déviés de leur rôle, en faisant des instruments de propagande servant leurs intérêts et se soumettant à leurs desiderata à coup d’euros et de dollars.

Aujourd’hui, les donneurs de leçon sur l’objectivité et la neutralité journalistiques empêchent leurs populations d’entendre la voix russe, s’agissant de la guerre russo-ukrainienne, tout en lançant des campagnes contre la désinformation et l’intox. Nous ne savons plus si nous devons en rire ou en pleurer. Nous ne savons plus pour les marionnettistes du monde, les médias doivent être un moyen pour renforcer les démocraties et les protéger ou s’ils doivent être les instruments de démocraties fictives décidées par les plus forts : ceux qui détiennent argent et pouvoir !

En Tunisie, les médias sont libres. C’est ce qu’on prétend. Mais est-ce cette liberté, débridée non soumise à aucune loi de la profession que nous voulions ? Est-ce des journalistes payés à la tâche dès accomplissement de missions télécommandées par des lobbys politiques ou économiques que nous souhaitions ?

Dans son intervention, Kamel Ben Younes, journaliste de carrière, correspondant de nombre d’organes de presse internationaux dont la BBC, et consultant en relations internationales, cite l’amiral français Lanxade qui disait : « La communication est un instrument de commandement, et les directives de communication peuvent être aussi importantes que les directives opérationnelles ».

Les médias, outil de manipulation de masse !

A l’international, beaucoup d’entre nous ont vécu les campagnes de manipulation des opinions publiques dans les prétendus “printemps arabes“. Kamel Ben Younes cite 2011 les « Révolutions arabes », « proxy Wars » Aljazeera et nouveaux Groupes gouvernements MENA associés à des groupes privés prétendument « indépendants » ou d’opposition et acteurs militaires Non Gov et Groupes terroristes : Compétition et nouveaux monopoles.

C’est par des campagnes de matraquage bien étudiées et ciblées aussi bien dans les médias traditionnels que dans les nouveaux médias et réseaux sociaux que des puissances étrangères ont pu manipuler des peuples et faire tomber des régimes sous prétexte d’instauration de régimes démocratiques. Pour prétendument sauvegarder l’intérêt public, on s’est adonné à un marketing d’influence de haute facture utilisant en cela mercenaires et se jouant d’une jeunesse déçue et désespérée.

Le 21ème siècle a sonné le glas du journalisme rigoureux et a balisé le terrain pour l’entrée en scène de faux journalistes cultivant les individualités et agissant comme des stars cinématographiques alors qu’ils exercent un métier au sein duquel la notion déontologique, d’objectivité est capitale. Pour les décideurs du monde, il s’agit aujourd’hui «d’encombrer la presse, l’encadrer, la forcer à traiter quotidiennement de ce qu’on veut qu’elle traite et, surtout, la distraire de parler de ce dont on ne veut pas qu’elle parle »*.

Au Canada, on parle du développement du journalisme de personnalité qui s’impose de plus en plus dans la sphère médiatique. Les stratèges du monde sont passés des blogueurs formés dans la première décennie du 21ème siècle qu’on a substitué aux médias traditionnels aux influenceurs instagrammeurs qu’on utilise pour le caractère réaliste de leurs récits et leur capacité à créer un lien d’identification entre eux et leur public et en prime les jeunes.

Dans pareil contexte médiatique où sévit ce mélange des genres et où chaque individu peut se lever un beau matin et se décréter citoyen journaliste, influenceurs ou instagrammeurs, comment préserver les spécificités du métier de journaliste ?

Il n’est pas dit qu’aujourd’hui le journalisme tel qu’exercé depuis des siècles puisse résister aux opérations de récupération politique et aux manipulations des différents lobbys économiques et culturels et assurer une information objective honnête et éthique. C’est d’autant plus difficile dans des pays comme le nôtre aux frontières ouvertes, sans organes de régulation respectable, où l’Etat n’est pas conscient de l’importance et des enjeux des médias et où les financements ne sont pas soumis à un contrôle rigoureux.

Pour Kamel Ben Younes, il faut mettre en place un organisme qui gère et assure une répartition équilibrée des annonces publiques afin de doter les médias d’un minimum de ressource pouvant garantir leur indépendance des médias et des professionnels des médias en paroles et en actes. Il faudrait aussi criminaliser les financements illégaux des médias au national et à l’international. Ceci doit bien entendu être accompagné par l’amélioration du statut des journalistes pour que leur précarité ne facilite pas leur récupération.

Les journalistes peuvent devenir des armes de destruction massive s’ils ne sont pas bien formés et si leurs conditions de vie les rendent vulnérables aux tentations de l’argent.

Depuis 2011, nous avons assisté en spectateurs impuissants à la plus grande opération de hold-up sur les médias tunisiens.

Grands temps d’y mettre un terme ! C’est d’ailleurs le but de la rencontre organisée par le Forum de Carthage et accordée par Salaheddine Dridi, Dr en journalisme et d’autres acteurs du secteur : œuvrer à ce que les médias nationaux soient la voix de la vérité, une vérité qui éveille les consciences et rétablit l’ordre des choses et non des médias mercenaires au service des lobbys, des partis ou des puissances étrangères.

Actualités, points de vue 0 comments on Nouvel ordre mondial» : Alliance Russie – OPEC et « Conflit » americano Saoudite » .. Par Kamel Ben Younes

Nouvel ordre mondial» : Alliance Russie – OPEC et « Conflit » americano Saoudite » .. Par Kamel Ben Younes

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· L’industrie militaire de l’Iran et la Turquie s’impose en Ukraine

++ Il faut passer de l’unilatéralisme au multilatéralisme

La concrétisation des slogans de la création d’un « nouvel ordre mondial » ainsi que d’un nouvel ordre régional , dans tout le « Grand Moyen Orient », se confirme.

La globalisation des conflits entre les pays de l’OTAN et le « nouveau bloc des pays de Shanghai » présidés par Moscou et Pékin avance en causant de nouvelles complications .

Pour la première fois, les pays de l’OPEC dont l’Arabie Saoudite et les Emirates s’allient à Moscou et ses alliés contre Washington et ses alliés européens , suite aux décisions de OPEC Plus de réduire la production du pétrole à raison de 2 millions de barils par jour ..

En même moment , les bombardiers télé guides ainsi que les avions « kamikazes » construites par l’Iran ou la Turquie entrent dans la guerre en Ukraine et sont mis en relief par les patrons de l’industrie militaire du monde entier …

Les Turcs fournissent leurs engins « intelligents » à Kiev , les Iraniens à Moscou ..

L’industrie militaire Iranienne et turque se confirment ..

C’est un nouveau cercle vicieux : nouvelles menaces , démentis et nouvelles médiations dans les coulisses sur d’autres dossiers et conflits, dont la concurrence à moyen et long terme entre les plus grandes superpuissances économiques et militaires mondiales en général , les USA , la Chine et l’Europe en particulier ..

Conflits à dimensions « stratégiques »

En fait , même si les déclarations des grands responsables à Riadh ,Abou Dhabi, Tehran, Ankara , Moscou et Pékin ..etc essaient de réduire les impacts de leurs nouveaux conflits avec Washington et ses alliés , certains experts en études internationales confirment la dimensions « historiques » et « géo stratégiques » de ces conflits ..

Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine , en Février dernier, le monde connait des changements rapides des priorités et des alliances .

On est vite passé au statut d’une nouvelle « guerre froide » et des processus multiples pour retracer les frontières des pays et des grandes régions , les lignes rouges en relation internationales y compris dans les secteurs des hydrocarbures , de l’armement , de de la télécommunication et des nouvelles technologies..

Il ne s’agit plus de « conflits » à aspects provisoire ou conjoncturel ..

Pourquoi maintenant ?

Toutefois on a le droit de se demander : pourquoi ces changements et bouleversements avaient émergé maintenant ?

Sont ils en relation avec l’aggravation de la situation socio économique et militaro politique des états de l’Otan impliques dans la guerre Russie -Otan en Ukraine , y compris la France, l’Italie ,l’Allemagne ,l’UK et la Turquie ?

Puis comment expliquer le grand « rapprochement » entre Moscou et Pékin avec Riadh , Abou Dhabi , Le Caire ainsi qu’avec Ankara et Doha et Tehran?

Certainement, le processus du grand changement de la carte du monde et celle du « grand Moyen Orient » est mis en relief de nouveau ..

Il s’agirait d’une confirmation d’un « processus » qui avait débuté en silence depuis quelques années avec des sommets et des réunions de réconciliation à haut niveau entre responsables Saoudites , Emiratis, russes , chinois , turcs, iraniens , Egyptiens et Israéliens ..

Ce processus avait débuté avant les élections présidentielles et parlementaires de 2020 ..et était plus clair après les critiques de Washington et ses alliés à Riadh et à son prince héritier Mohamed Ben Salman( MBS ) à cause de l’assassinat du journaliste et opposant Jamel Khajokji ..

Biden et son équipe avait même annoncé qu’ils n’allait jamais reconnaitre MBS .

Il y avait des convergences d’intérêts entre les « ennemis de Biden et de son parti démocrate » .Certains de ces capitales étaient même pour un soutien « inconditionnel » à Donald Trump et son beau fils Kouchner et les « candidats républicains » aux élections du congres .

Deux ans après , les candidats de Donald Trump pour les élections parlementaires partielles du 8 Novembre prochain et les élections présidentielles de 2024 bénéficient d’un soutien médiatique , financier et politique dans le nouveau « bloc de l’Est » .

Biden et son staff avaient fini par visiter Riadh en Juillet dernier et rencontrer MBS .

Pourtant Riadh et ses alliés dans le GCC ainsi que ses ex ennemis communistes , dont Moscou et Pékin , avaient refusé les suggestions des USA et de l’Europe sur l’augmentation de la production du pétrole ,et s’étaient alliés ,depuis la conférence d’OPEC Plus aux Russes et leurs alliés qui veulent faire sauter « la majorité démocrate » au prochain congres américain .

L’augmentation des prix en général et du carburant en particulier ne serait pas en faveur de Biden et ses candidats aux élections du 8 novembre prochain , ni ses alliés en difficulté dans les pays de l’OTAN et dans le monde « du Sud » ou les tensions et les « coups de force » se multiplient du Siri Lanka jusqu’ en Afrique ..

Les rapports de la Banque mondiales et des instances internationales annonçant une « année difficile en 2023 »devraient faire réveiller les « grands décideurs » de la région et du monde : le passage vers un nouveau ordre mondial et régional devrait tenir en considération les intérêts des différents peuples et états du monde .

Il faut passer de « l’Unilatéralisme » au « multilatéralisme concertée » ..

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Une diplomatie à double levier pour un repositionnement géostratégique de l’Algérie .. par Arslan Chikhaoui

octobre 3, 2022

L’énergie devient le levier stratégique de l’Algérie, aussi bien pour son positionnement dans le nouvel échiquier géopolitique que pour sa politique de diversification économique nationale.

La crise politico-militaire russo-ukrainienne qui a suivi la crise pandémique de Covid-19 ainsi que la multiplication des conflits de faible intensité dans la région Afrique du Nord et Sahel font que l’Algérie dans son regain diplomatique s’appuie, notamment, sur une diplomatie à double détente énergétique et de proximité pour un positionnement stratégique dans la nouvelle reconfiguration géopolitique de la nouvelle ère qui s’ensuivra. Il est clair que cette diplomatie ne s’écarte pas de sa doctrine en matière de politique étrangère, de défense nationale et de sécurité dont les fondamentaux sont inscrits dans la déclaration de Novembre 1954 qui consacre l’Etat algérien. Incontestablement, le développement de la politique étrangère de l’Algérie continuera à s’appuyer sur ses principes fondamentaux, à savoir la défense de l’indépendance nationale, le recouvrement de l’identité nationale, le refus de toute forme d’ingérence, le refus de toute base militaire étrangère sur son sol, le rejet de la politique d’alliance et des pactes militaires, la participation active contre le sous-développement et la pauvreté, l’autodétermination, le respect de la souveraineté des Etats et la non-ingérence dans les affaires internes des Etats souverains. L’organisation à Alger du prochain sommet de la Ligue arabe, son ambition d’adhérer au club des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) et sa récente candidature à un siège non permanent au Conseil de sécurité pour la période 2024-2025 confirment la posture de non-alignement de l’Algérie.

Ne pas confondre politique étrangère et diplomatie

Il existe une nette distinction entre la diplomatie et la politique étrangère. Il est important de ne pas confondre ces deux concepts : la politique étrangère consiste essentiellement dans les principes, les objectifs fondamentaux, les tendances générales de l’Etat hors de ses frontières. Elle est l’expression de chaque Etat de la manière dont il exécute la synthèse de ce qui se dégage au niveau international pour défendre et faire valoir notamment à travers les organisations internationales.

La diplomatie, quant à elle, assure l’exécution du programme que le pays s’est assigné dans ce domaine, sur application méthodique et quotidienne, par le moyen de négociation ou, tant au moins de conversation, un moyen d’action de la politique étrangère. Elle est aussi l’art d’ordonner, de diriger, de pratiquer les négociations au nom d’un Etat. La diplomatie n’est pas le seul instrument de la politique étrangère. Le domaine de la diplomatie s’est vu élargi par l’inclusion, ces dernières années, de la question économique, commerciale, technique, culturelle, scientifique, sanitaire et technologique, alors que traditionnellement les auteurs ne réservaient à la diplomatie que des contacts entre Etats portant principalement sur des questions politiques. Par conséquent, il existe plusieurs types de diplomatie dont nous citons la diplomatie parlementaire, la diplomatie directe ou classique, la diplomatie ad hoc, la diplomatie du terrain, la diplomatie du dollar, la diplomatie de proximité, la diplomatie secrète, la diplomatie ouverte, la diplomatie préventive, la diplomatie multilatérale.

Dans le cadre de sa diplomatie de proximité, l’Algérie, tout en préservant son principe de non-alignement, s’engage dans des actions multilatérales ou bilatérales de pacification dans la résolution des conflits (ex : crises au Mali, en Libye et en Ukraine). Ce type de diplomatie est déployé lorsqu’apparaît un conflit opposant deux ou trois Etats faisant recours à un médiateur. Cependant, à travers sa diplomatie énergétique, elle a toujours ambitionné d’être un acteur clé dans l’approvisionnement en énergie de l’Europe. En effet, le dernier accord énergétique avec l’Italie pour l’augmentation de son approvisionnement progressivement à hauteur de 9 milliard de m3 de gaz naturel, la cessation de la fourniture du gaz naturel au Maroc issue de la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays en été 2021, et la récente crise diplomatique avec l’Espagne démontre que l’énergie devient le levier stratégique de l’Algérie aussi bien pour son positionnement dans le nouvel échiquier géopolitique mais également pour sa politique de diversification économique nationale.

Le défi pour la politique étrangère algérienne post-guerre froide

La chute du mur de Berlin, le démantèlement du bloc de l’Est et la fin de la guerre froide ainsi que la crise multidimensionnelle à laquelle a été confrontée l’Algérie dès l’automne 1988 (révolte populaire d’octobre) ont constitué un défi pour sa politique étrangère, de défense et de sécurité. Les repères structurant les relations internationales sont pour la plupart tombés en désuétude, cédant la place à un schéma aux contours imprécis. C’est à ce moment que la politique étrangère de l’Algérie est entrée dans un nouveau paradigme.

Depuis la fin de l’ère bipolaire, le paradigme ayant conduit la vision de l’Algérie par rapport à son rôle sur la scène internationale continue à peser sur la vision actuelle des relations internationales. Il est vrai que l’Algérie a, depuis la fin des années 90, donné une impulsion nouvelle à sa politique étrangère en bâtissant une relation plus poussée avec les Etats-Unis d’Amérique et l’OTAN et en diversifiant ses partenariats autant stratégiques que de conjoncture. L’ouverture économique et le souhait d’attirer les investissements directs étrangers (IDE) ainsi que de créer une économie de substitution à l’économie à rente pétrolière en sont les principales motivations. La diplomatie traditionnelle se renforce progressivement par la diplomatie économique, parlementaire et de la société civile.

Toutefois, il va sans dire que l’Algérie continuera à défendre le principe des droits des peuples à disposer d’eux-mêmes, comme l’illustre parfaitement sa position sur la question du Sahara occidental et de la Palestine. De même qu’elle refuse toute ingérence dans les affaires internes des Etats et s’attache au règlement pacifique des conflits, comme en témoigne, par exemple, son refus de soutenir la guerre menée par procuration (proxy war) en Libye, sa non-participation par ses troupes à une force d’intervention militaire au Mali, en Syrie et au Yémen pour contenir la menace croissante des organisations extrémistes violentes (VEO) et plus récemment la non-implication dans la crise politique interne de la Tunisie ou de la crise politico-militaire russo-ukrainienne.

Une realpolitik d’intérêts dénuée de tout dogme idéologique

Il semble aujourd’hui que l’Algérie s’achemine vers une nouvelle ère où elle tente de s’arrimer au contexte nouveau mondial. Elle l’a exprimé par quelques signaux à la communauté internationale comme, par exemple, son adhésion au dialogue méditerranéen de l’OTAN qui marque un tournant dans les rapports de l’Algérie avec l’Occident et son appel à la résolution des conflits de faible intensité (Libye, Mali, etc.) par la voie du dialogue politique inclusif et d’offrir ses bons offices de facilitateur au regard de son expérience et expertise dans le domaine (Iran-Irak, Iran-USA, Ethiopie-Erythrée, etc.) Par voie de conséquence, l’Algérie s’acheminerait vers une realpolitik d’intérêts dénuée de tout dogme idéologique.

Avec sa réinsertion progressive sur la scène internationale, l’Algérie s’efforce de renforcer sa crédibilité dans un contexte régional et international en mutation profonde. Cette démarche a commencé, entre autres, par son adhésion au dialogue méditerranéen de l’OTAN, par la signature d’un accord d’association avec l’Union européenne qu’elle souhaite revisiter et par sa participation au processus de négociations en cours pour son adhésion éventuelle à l’OMC.

Au niveau multilatéral, l’Algérie s’appuie sur des plateformes privilégiées pour activer à l’échelle régionale et sous régionale. C’est ainsi qu’elle est :

Membre active de l’Union africaineMembre, depuis 2000 du dialogue méditerranéen de l’OTAN et participe ainsi à plusieurs exercices communs ;Partie prenante au cadre de dialogue et de coopération des 5+5 de la Méditerranée occidentaleMembre fondateur du Global Counter Terrorism Forum lancé en septembre 2011 à New YorkPartie prenante du comité d’état-major opérationnel conjoint (CEMOC) créé en 2010 et basé à Tamanrasset (sud de l’Algérie) pour lutter contre le terrorisme et le grand banditisme dans la zone sahélo-sahariennePartie prenante de l’initiative pansahélienne de 2002, devenue Transsaharan Counter Terrorism Initiative en 2005Le siège du Centre africain d’études et de recherche sur le terrorisme (CAERT)Le siège d’Afripol.

Au plan bilatéral, l’Algérie consolide, surtout depuis l’avènement de la pandémie de Covid-19, ses relations avec ses alliés stratégiques, à savoir la Chine et la Russie. Toutefois, elle continue de structurer ses liens à dominante économique avec l’Europe, à construire un partenariat stratégique avec les Etats Unis d’Amérique et à développer ses relations de coopération et de bon voisinage dans la zone d’intérêt commun méditerranéenne et qui doivent surtout se démarquer de tout «paternalisme». Toutefois, l’Algérie demeure profondément attachée à ses principes doctrinaux matérialisés par le fait que malgré un contexte d’insécurité permanent à ses frontières, elle continue à s’interdire de prendre part à toute intervention militaire en dehors de son territoire national mais reste très active dans la coopération régionale et internationale en matière, notamment, de lutte contre le terrorisme, le narcotrafic, le trafic humain, l’émigration clandestine et le banditisme transnational.

Conclusion

Ce regain de la dynamique diplomatique engagée par l’Algérie dénote sa volonté de se repositionner sur la scène internationale comme partenaire clé dans la région, sans pour autant remettre en cause les fondamentaux de sa politique étrangère, de défense et de sécurité face à de nouveaux acteurs qui sont incontestablement en train de bousculer l’ordre établi avec l’avènement d’un monde multipolaire.

Les bouleversements auxquels la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), en particulier, fait face présentement et la redistribution des rôles dans le cadre d’une recomposition géopolitique et géoéconomique de la région poussent nécessairement l’Algérie à revisiter et à afficher sa stratégie de positionnement.

A défaut d’un alignement systématique qui serait synonyme d’un reniement des principes doctrinaux sur lesquels l’Algérie a bâti, depuis son indépendance, sa politique étrangère, ou d’une opposition intransigeante qui l’isolerait, l’Algérie semble opter de plus en plus pour une politique d’intérêts non dogmatique avec comme sous bassement le soutien indéfectible des aspirations des peuples et l’opposition à toute ingérence étrangère sous quelque forme que ce soit.

En somme, malgré cette ouverture engagée qui se poursuivra certainement avec plus d’acuité dans le cadre d’une intégration régionale progressive et d’une politique de voisinage de convergence, le paradigme de la politique étrangère de l’Algérie demeurera irrévocablement tributaire de ses principes d’autodétermination, de respect de la souveraineté des Etats et de la non-ingérence dans les affaires internes des Etats souverains.

Dr. Arslan Chikhaoui, Expert en géopolitique

Membre du conseil d’experts du forum économique mondial (WEF-Davos) et partie prenante dans divers groupes de travail ‘Track 2’ du système des Nations unies (UNSCR 1540)