Qu’a demandé Hichem Mechichi à Serguei Lavrov ?

Le chef du gouvernement, Hichem Mechichi, a convenu avec le ministre des Affaires étrangères russe, Serguei Lavrov, d’accélérer les dates de livraison des commandes de vaccins spoutnik V, estimées à un million de doses à la Tunisie.

Lors d’un entretien téléphonique hier, les deux parties ont affirmé « la nécessité d’intensifier les efforts et la coopération fructueuse, en matière de lutte contre la propagation du Coronavirus », rapporte un communiqué de la Kasbah.

Hichem Mechichi a salué « les relations privilégiées entre la Tunisie et la Russie dans tous les domaines politique, économique et social », exprimant sa volonté de les développer.

Il a, par ailleurs, évoqué « la situation des étudiants tunisiens, qui poursuivent leurs études en Russie, et qui n’ont pas pu retourner dans ce pays, du fait de la propagation du Coronavirus », prônant « une solution rapide » en la matière.

Le chef de la diplomatie russe a appelé « à développer la coopération économique entre les deux pays », affirmant l’intention de Moscou « d’augmenter le nombre des touristes, à partir de cet été, a fortiori que la Tunisie est devenue pour de nombreux Russes, la destination de prédilection ».

Le nouveau chef de Daech n’est pas arabe, mais turkmène

Le successeur de Baghdadi à la tête de Daech prétend être un descendant arabe du prophète Mohammed, alors même qu’il est d’origine turkmène.

 

Une des très rares photos du nouveau chef de Daech

La mort d’Abou Bakr al-Baghdadi, dans un raid américain au nord-ouest de la Syrie, en octobre 2019, a porté un coup très sévère à l’organisation dont il s’était proclamé le « calife ». Daech, le bien mal nommé « Etat islamique », a annoncé que son successeur était Abou Ibrahim al-Hashimi al-Quraishi, soit Abou Ibrahim « l’Hachémite le Qoraychite ». La propagande jihadiste s’efforçait ainsi  d’accréditer la fiction d’un chef, non seulement arabe, mais aussi descendant du prophète Mohammed par sa tribu qoraychite et son clan hachémite. Cette fiction est essentielle pour entretenir la flamme d’un rétablissement à terme du soi-disant « califat » auquel, selon l’orthodoxie islamique, seul un Arabe peut pleinement prétendre, a fortiori s’il se réclame de la lignée prophétique. Mais les mensonges de Daech ne sauraient masquer une réalité bien différente, et au fond assez embarrassante pour des jihadistes endurcis.

UN TURKMENE A LA PLACE D’UN ARABE

Le nouveau chef de Daech s’appelle en fait Amir Mohammed Saïd al-Salbi al-Mawla, surnommé Abou Omar al-Turkmani, soit Abou Omar « le Turkmène ». Il est en effet né dans la ville irakienne de Tal Afar, à 70 kilomètres à l’ouest de Mossoul. Cette enclave turkmène est divisée entre quartiers chiites et sunnites, ceux-ci ayant fourni à Saddam Hussein de nombreux cadres de son armée et de sa police politique. Lorsque le despote irakien a abandonné toute prétention laïque pour mobiliser à son profit les réseaux salafistes, les militants sunnites de Tal Afar ont été à la pointe d’un tel mouvement. Après l’invasion américaine de 2003, ils ont largement rejoint l’insurrection jihadiste, avec le soutien des services du régime Assad. C’est ainsi que Saïd al-Mawla a été incarcéré en 2008 dans la prison américaine de Bucca, où Baghdadi avait été détenu quatre ans plus tôt. Les Etats-Unis se sont bien gardés de révéler dans quelles conditions Mawla a été libéré, Baghdadi l’ayant été pour… bonne conduite.

Baghdadi prend en 2010 le contrôle de la branche irakienne d’Al-Qaida, devenue « l’Etat islamique en Irak », puis, en 2013, « l’Etat islamique en Irak et en Syrie », désormais connu sous son acronyme arabe de Daech. Salbi al-Mawla accompagne l’ascension de son ancien camarade de détention. Lorsque Baghdadi proclame en 2014 son « califat » à Mossoul, Tal Afar, vidée de sa population chiite, accueille en retour une vague de « volontaires » étrangers. C’est dans cette ville que de nombreux ateliers d’explosifs sont implantés et que de sanglants attentats sont planifiés. Outre ses responsabilités dans un tel terrorisme de masse, « Abou Omar le Turkmène » joue un rôle majeur dans la campagne jihadiste de liquidation de la minorité yézidie, par les massacres, l’expulsion et l’esclavage sexuel. Les coups portés à Daech favorisent sa promotion jusqu’au premier cercle de l’organisation, y compris après la libération de Tal Afar, en août 2017, quelques semaines après Mossoul.

Carte des combattants de Daech (ISIS) en Irak, établie par le Center for Global Policy en mai 2020

LA PATIENTE REMONTEE DE DAECH

L’accession d’un chef turkmène à la tête de Daech rompt avec plus de trois décennies de direction arabe des groupes jihadistes à vocation internationale, depuis Ben Laden jusqu’à Baghdadi, en passant par Zarqaoui, le fondateur de la branche irakienne d’Al-Qaida, et Zawahiri, l’actuel chef d’Al-Qaida. L’organisation a dès lors nié une telle rupture en inventant la fable d’une ascendance prophétique de son nouveau leader. Le quotidien britannique « Guardian » affirme par ailleurs que le frère aîné du nouveau chef de Daech est installé en Turquie, où il représenterait le Front turkmène d’Irak. Cette coalition de formations turkmènes a été fondée en 1995, avec le soutien actif d’Ankara, dans le cadre d’une solidarité d’Etat avec les minorités turques des pays voisins. Cette politique turque d’appui aux populations turkmènes est désormais moins active en Irak qu’en Syrie, où deux milices turkmènes, la Division Sultan Mourad et la Brigade Suleiman Shah, ont fourni une partie des milliers de mercenaires syriens engagés par la Turquie en Libye.

Lui-même vétéran d’une guérilla jihadiste, et ce avant même l’établissement du pseudo-califat, Abou Omar al-Turkmani organise aujourd’hui avec méthode la patiente remontée en puissance de l’insurrection de Daech en Irak et en Syrie. Le Center for Global Policy (CGP), basé à Washington, a publié le mois dernier un rapport d’une rare précision sur les nouvelles structures de Daech. La carte ci-dessus localise une partie des quelque 4000 guérilleros jihadistes actifs en Irak, le nombre des militants armés, mais pour l’heure inactifs, étant estimés au double. Les combattants de Daech seraient aussi nombreux en Syrie, où ils ont déjà infligé des pertes sérieuses au régime Assad, dans le désert de Palmyre. Ils font aussi preuve d’une pugnacité troublante dans la vallée syrienne de l’Euphrate, moins d’un an après y avoir perdu leur dernier bastion territorial. Turkmani semble déterminé à reconstituer ses réseaux clandestins, dans le cadre d’une stratégie de longue haleine visant, le moment venu, à dépasser le stade d’une guérilla de basse intensité. Son atout majeur est que le conflit entre les Etats-Unis et l’Iran, aggravé de la confrontation entre Turcs et Kurdes, interdit toute reconstitution d’une coalition anti-jihadiste digne de ce nom.

Les Etats-Unis ont mis la tête de Said al-Mawla, alias Abou Omar al-Turkmani, à prix pour 5 millions de dollars. C’était déjà la récompense offerte par Washington pour Ben Laden ==avant== les attentats du 11 septembre 2001.

PS: Hicham al-Hachémi, auteur du rapport du CGP cité dans ce post, a été assassiné, le 6 juillet, devant son domicile de Bagdad.

Conflit Russie – OTAN sur la Crimée : La Tunisie devrait garder sa neutralité .. Par Lassad Tounssi 

Le ministre des Affaires étrangères de l’Ukraine, Dmytro Kuleba a appelé les pays membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) à participer à une plateforme internationale sur la Crimée en mai prochain à Kiev.

Dans un discours prononcé lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN, le chef de la diplomatie ukrainienne a appelé à un soutien de l’OTAN à l’Ukraine contre Moscou dans le dossier de Crimée.

Pour sa part, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait auparavant annoncé que les activités de «  la plateforme Internationale de Crimée »se tiendront à Kiev, afin de mettre la question de la péninsule de Crimée, située en mer noire «  à l’ordre du jour de l’agenda international ».

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Depuis l’annexion de la péninsule, la minorité des Tatars, proche d’Ankara , s’oppose à Moscou .

La Turquie n’a jamais reconnu l’annexion de la Crimée par la Russie pour des raisons historiques.

Entre temps l’Ukraine a invité la Tunisie à participer au «  sommet inaugural de la plate-forme de Crimée » qui aura lieu en mai prochain.

 Cette question a été discutée lors des consultations politiques qui ont eu lieu entre les ministères des affaires étrangères de l’Ukraine et de Tunisie au niveau des chefs de diplomatie en décembre dernier.

Cependant des diplomates et experts tunisiens et africains se demandent si la Tunisie et les pays de ligue arabe  auraient un intérêt à mettre fin à sa neutralité et à s’allier à l’OTAN dans ses conflits avec la Russie, la Chine, la Corée du nord ou l’Iran .

La Tunisie et les pays africains et arabes étaient  toujours  non alignés et il n’ya aucune raison pour s’allier avec l’OTAN contre Moscou , Pékin ou Tehran ..ou autre puissance régionale ou internationale.

Les diplomates tunisiens , arabes , africains et des pays non alignés devraient agir ensemble , boycotter la réunion de Kiev sur le Crimée et opter pour une neutralité dans ce type de conflits liés aux guerres des 3 derniers siècles et de répercussions de la chute du mur de Berlin.

La Tunisie membre provisoire du conseil de sécurité des nations unies , cette année, devrait donner l’exemple aux pays du Sud en refusant l’ appel de Kiev et de l’OTAN sur la Crimée ou autre conflit qui ne touche pas les intérêts nationaux du pays.

Le prochain chef du Pentagone promet d’examiner le dossier du Sahara occidental

 » C’est une question que je voudrais certainement examiner de plus près, Monsieur le président, avant que je vous donne une réponse détaillée « , a déclaré le futur chef du Pentagone lors de son audition au Sénat.

Lloyd Austin a été interrogé par le Sénateur, James Inhofe, président de la commission défense du Sénat américain sur sa position concernant l’organisation d’un référendum d’autodétermination dans ce territoire occupé par le Maroc depuis 1975.

Il a affirmé que le dossier du Sahara Occidental sera  » l’une des questions qu’il allait examiner », juste après sa confirmation au poste de secrétaire à la défense des Etats-Unis.

Dans son intervention mardi au Sénat, James Inhofe, fervent défenseur de la cause sahraouie, a rappelé l’avis de la Cour international de justice rendu en 1975 qui a confirmé l’absence de souveraineté marocaine sur le Sahara Occidental et appuyé la nécessité pour le peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination.


Le Sénateur a relevé que les Etats-Unis, l’ONU et l’Union africaine ont tous soutenu le droit des Sahraouis à s’autodéterminer et à accéder à l’indépendance.

 » Nous avons soutenu un référendum d’autodétermination. ( ) les Etats-Unis l’ont fait depuis les années 1970, l’ONU depuis les années 1970 et aussi l’Union africain et la plupart des 52 pays d’Afrique ont tous déclaré que le Sahara occidental devrait organiser un référendum d’autodétermination « , a encore rappelé Inhofe.

Le sénateur d’Oklahoma a émis le souhait que la nouvelle administration américaine préserve la cohérence observée depuis trois décennies sur ce dossier.

James Inhofe qui avait dénoncé dans les termes les plus forts la proclamation de Trump sur le Sahara Occidental, avait indiqué en décembre que le président sortant a été « mal conseillé par son équipe », soutenant que l’accord de normalisation israélo-marocain, pouvait être conclu sans hypothéquer les droits d' »un peuple sans voix ».

« L’annonce de la Maison Blanche d’aujourd’hui alléguant la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental est choquante et profondément décevante. Je suis attristé que les droits du peuple du Sahara occidental aient été troqués », avait, alors, regretté l’influent sénateur républicain.

James Inhofe, a été jusqu’à récemment un proche conseiller du président sortant, Donald Trump, avant de s’en séparer après une brouille au sujet d’amendements à apporter au budget américain de la Défense.

Inscrit depuis 1966 à la liste des territoires non autonomes, et donc éligible à l’application de la résolution 1514 de l’Assemblée générale de l’ONU portant déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples coloniaux, le Sahara occidental est la dernière colonie en Afrique, occupé depuis 1975 par le Maroc, soutenu par la France.

Tindouf « sous contrôle du Polisario » : l’Algérie réagit à un article du magazine « Le Point »

L’ambassadeur d’Algérie à Paris, Mohamed-Antar Daoud, s’est dit jeudi « étonné » du contenu d’un récent article de l’hebdomadaire français Le Point, qui a fait référence à la Wilaya de Tindouf comme étant un territoire » sous contrôle du Front Polisario », évoquant » un grave dérapage »qui exige réparation.

« C’est avec un grand étonnement que j’ai pris connaissance de l’article publié par la rédaction numérique de votre journal (Le Point Afrique avec AFP) le 19 janvier à 11 h 45 sous l’intitulé (Manœuvres algériennes dans le Sahara près de la frontière marocaine) lequel s’appui sur une dépêche AFP », s’indigne l’ambassadeur dans une mise au point adressée au directeur de la publication, Etienne Gernelle.

Le diplomate algérien souligne qu’il »aurait été utile »pour la rédaction de l’hebdomadaire, aussi bien pour l’information de ses lecteurs que pour sa crédibilité, de »vérifier les informations qu’elle a rapportées avant de verser dans les allégations dénuées de tout fondement sur l’appartenance territoriale de la wilaya de Tindouf ».

« Du moins, il aurait été plus simple et certainement plus crédible de reprendre fidèlement les paragraphes de l’AFP, comme l’exigent les règles d’éthique et de déontologie de la profession journalistique », écrit-il dans sa mise au point.

« Le chapô de l’article indique que l’Algérie a procédé à des manœuvres militaires dans la zone sous contrôle du Front Polisario ! Puis dans le corps du texte, il est même mentionné que Tindouf (sud) est une province du Sahara sous administration du Front Polisario et frontalière du Maroc », s’étonne Mohamed-Antar Daoud .

Et d’ajouter : »Sans faire offense à vos connaissances en matière géographique et géopolitique, faut-il préciser que Tindouf est une partie intégrante de l’Algérie tel qu’il est d’ailleurs explicité dans la dépêche de l’AFP à laquelle fait référence votre rédaction ».

L’ambassadeur relève que ce »grave dérapage ( ) appelle à une réparation »de la part de l’équipe rédactionnelle de l’hebdomadaire, qui saura selon lui »trouver les termes adéquats pour rétablir la réalité des faits dans leur signifiant et leur signifié ».

La lettre inhabituelle du haut commandement militaire américain sur le « moment exceptionnel » que vit le pays

L’un des principes sacrés de la démocratie américaine est que l’armée est apolitique et loyale uniquement à la Constitution.

Mais face à la tension politique générée par l’invasion du Capitole par les partisans de Donald Trump, les dirigeants militaires ont jugé nécessaire d’émettre un rappel.

« La violente manifestation du 6 janvier à Washington D.C. était une attaque directe contre le Congrès, le bâtiment du Capitole et notre processus constitutionnel », indique une circulaire adressée aux militaires et signée par les sept généraux et l’amiral qui composent l’Etat-major interarmées.

« Tout acte contraire au processus constitutionnel est non seulement contraire à nos traditions, à nos valeurs et à notre serment, mais aussi à la loi », ajoute la note publiée mardi.

Les analystes assurent qu’il s’agit là d’un message inhabituel de la part des chefs des branches militaires de l’armée, bien qu’il soit encadré dans ce climat de tension que connaît le pays.

« Nous vivons un moment exceptionnel et c’est un test », a confié le Major général à la retraite Dana Pittard à la BBC Mundo.

« Notre république traverse une période dangereuse. Ce que dit l’état-major interarmées n’est pas exceptionnel : il répète en gros son serment à la Constitution », a expliqué à BBC Mundo Peter Feaver, professeur de sciences politiques à l’université de Duke et expert en matière de défense.

« Mais ce qui est exceptionnel, c’est qu’ils ressentent le besoin de le dire et qu’il faut le rappeler aux troupes », ajoute l’auteur du livre « Armed Servants : Agency, Oversight, and Civil-Military Relations » (Serviteurs armés : agence, surveillance et relations civilo-militaires).

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La Garde nationale a surveillé le Congrès mercredi lors de la mise en accusation de Donald Trump.

Des milliers de partisans de Trump ont envahi le Congrès le 6 janvier au moment de la victoire de Joe Biden à l’élection présidentielle du 3 novembre.

L’agression de citoyens qui croient – comme le prétend Trump – qu’il y a eu fraude électorale a entraîné la mort de cinq personnes.

Ce mercredi, M. Trump, qui quittera le pouvoir le 20 janvier, est devenu le premier président de l’histoire des États-Unis à faire l’objet d’une seconde destitution.

Dans ce dernier processus, il est accusé d' »incitation à l’insurrection ».

Le silence brisé

Une semaine après les événements, l’armée a rompu son silence.

Le secrétaire d’État à la Défense par intérim, Chris Miller, avait déjà condamné l’agression la semaine dernière, mais le président de l’État-major interarmées, le général Mark Milley, n’avait pas encore pris la parole.

Et, selon Reuters, il ne l’avait pas fait parce qu’il voulait rester en dehors de la politique. Selon les médias locaux, de nombreux soldats ont exprimé en privé leur inquiétude quant au manque de direction derrière ce que beaucoup considèrent comme une attaque contre la démocratie.

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Mark Milley est le chef d’état-major des armées.

Le silence de Milley contrastait avec sa présence lors d’une marche près de Trump en juin de l’année dernière, après que la Garde nationale et des officiers de police aient dispersé un groupe de manifestants pacifiques près de la Maison Blanche pour protester contre la mort de l’Afro-Américain George Floyd.

Maintenant que l’armée est de nouveau sous les feux de la rampe après l’assaut du Capitole, Milley et le reste des hauts gradés de l’armée estiment qu’il est essentiel d’envoyer un rappel quelques jours avant que Biden ne prenne la relève en tant que leur commandant en chef.

« Le droit à la liberté d’expression et de réunion ne donne à personne le (droit) de recourir à la violence, à la sédition et à l’insurrection », indique la lettre circulaire publiée mardi.

Le Pentagone travaille avec le FBI pour voir s’il y a des membres actifs de l’armée parmi les raiders du Capitole, et aussi pour savoir si l’une des 10 000 troupes de la Garde nationale qui renforcera l’investiture de Biden le 20 a besoin d’une enquête plus approfondie.

« L’armée est le reflet de la société qu’elle sert et il y a donc différentes croyances. Et nous devons nous assurer qu’il n’y a pas de gens qui veulent renverser notre gouvernement », déclare le général à la retraite Dana Pittard.

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La police verrouille le Capitole américain après que les partisans de M. Trump aient franchi les lignes de sécurité

À qui s’adresse l’état-major interarmées ?

Selon M. Pittard, la circulaire a une double cible : les troupes et le grand public.

« En interne, il y a sûrement des gens qui peuvent d’une manière ou d’une autre sympathiser avec l’insurrection. Ce sera une minorité, bien sûr, mais la circulaire indique clairement que c’est inacceptable », dit l’ex-militaire, qui admet que cela peut être inquiétant.

Jeudi, il a été rapporté que des extrémistes armés visent l’investiture de Biden la semaine prochaine.

« A l’extérieur, nous voulons que les gens sachent que notre tradition, qui a si bien fonctionné, est que l’armée ne peut pas être utilisée comme une arme politique interne, ne peut pas prendre parti », ajoute-t-il.

« Il est évident qu’il y a une inquiétude que les gens n’aient pas pleinement compris le rôle de l’armée.

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Les membres de la Garde nationale se reposent à l’intérieur du Congrès pendant la journée où le président Donald Trump a été démis de ses fonctions.

« L’armée ne doit pas prêter allégeance à un individu, et il faut le souligner à nouveau. C’est pourquoi l’état-major général a publié cette lettre », explique M. Pittard.

Richard K. Betts, directeur du Saltzman Institute for War and Peace Studies de l’université de Columbia, est d’accord avec M. Pittard, mais ajoute un destinataire de plus : le président.

« C’est un signal pour Trump de ne pas abuser de la Constitution en mettant l’armée à ses côtés dans une tentative illégitime de renverser l’élection présidentielle », déclare Betts à BBC Mundo.

Une relation tendue

Pendant l’administration Trump, il y a eu des moments où la traditionnelle neutralité politique des hommes en uniforme, que Pittard définit comme une « valeur sacrée », a été mise à rude épreuve.

« Le président Trump a essayé sans succès de faire en sorte que l’armée lui soit fidèle plutôt qu’à la Constitution. De nombreux autres dirigeants populistes et autoritaires dans le monde ont essayé. Mais l’armée américaine a résisté », dit Feaver.

Le moment le plus tendu a peut-être été lorsque Trump a fait participer la Garde nationale au dispositif de sécurité contre les manifestations antiracistes qui ont conduit à la mort de l’Afro-Américain George Floyd en juin de l’année dernière.

Floyd est mort alors qu’il était violemment détenu par la police blanche.

Le président a ensuite appelé à la fin des protestations qu’il a liées à la « gauche radicale ».

C’est dans ce contexte que Trump s’est promené avec Milley, vêtu d’un uniforme de campagne, pour se faire photographier devant une église qui avait été vandalisée lors des manifestations près de la Maison Blanche.

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Mark Milley (à gauche) s’est excusé de sa présence lors d’une marche controversée de Trump au milieu des manifestations contre le racisme de l’année dernière.

Cela s’est produit après des semaines d’interrogation de la part de certains militaires sur la façon dont Trump avait répondu aux protestations en déployant la Garde nationale.

La présence à côté de Trump de Milley, l’officier le plus haut gradé de l’armée, a été considérée comme validant la façon dont Trump a géré les protestations.

Le chef militaire a admis plus tard qu’il avait fait une erreur.

« Je n’aurais pas dû être là. Ma présence à cette époque et dans cet environnement a créé une perception de l’implication des militaires dans la politique intérieure », a-t-il déclaré.

A l’époque, le président envisageait même d’invoquer la loi de 1807 sur l’insurrection pour déployer des troupes en service actif dans tout le pays afin de réprimer les protestations, une ligne que plusieurs responsables militaires américains ont déclaré qu’ils ne franchiraient pas.

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Donald Trump a parfois maintenu la tension avec l’armée.

Les militaires et surtout les ex-militaires ont réagi à l’époque comme aujourd’hui pour rappeler à l’armée sa loyauté uniquement à la Constitution, et non à un parti ou à un président.

« Le principe selon lequel l’armée est loyale à la Constitution et ne s’implique jamais dans la politique a été renforcé au fil du temps par la stabilité de nos institutions politiques », a expliqué le professeur Betts à BBC Mundo.

« Cette stabilité a été ébranlée à l’époque de Trump, mais elle n’a pas été rompue », ajoute-t-il.

« Au début de sa présidence, il pensait que les généraux de l’armée étaient ses employés et il a dû se faire rappeler périodiquement que le système américain ne fonctionne pas de cette façon.

« La Tunisie a basculé dans une dérive démocratique, et non une transition démocratique » (Adel Ltifi)

Adel Ltifi est historien et enseigne l’histoire contemporaine du monde arabe, à l’université Sorbonne Nouvelle, Paris III. Avec lui, nous avons tenté d’analyser la marche de la Tunisie vers un processus démocratique, 10 ans après la révolution ayant conduit à la chute du régime de Ben Ali. Le pays obéit-il à une transition dite normale ? Pourquoi la Tunisie fait-elle figure d’exception parmi les pays qui ont connu le printemps arabe ? Entretien.

Quelle est votre lecture de la révolution après 10 ans ?

D’abord il faut savoir que la révolution a eu lieu le 17 décembre et le 14 janvier… Elle ne dure pas depuis 10 ans et n’a donc rien à voir avec les conséquences qu’elle entraîne. Le premier défi auquel a dû faire face la Tunisie est celui du transfert du pouvoir. Nous avions alors vécu une symbiose entre la révolution et l’Etat car la passation a été faite dans la logique de l’Etat et de la Constitution. Il ne faut pas oublier que dans d’autres pays, la vacation du pouvoir a mené à la généralisation de la violence comme en Egypte, en Syrie ou en Libye.

Malheureusement, cette symbiose et l’euphorie de l’espoir ont été de courte durée.

La Tunisie est-elle dans une phase de transition démocratique ?

C’est à partir d’octobre 2011 que le pays a basculé dans ce que j’appelle une dérive démocratique et non une transition démocratique. L’arrivée du parti Ennahdha dans le paysage politique tunisien en tant que force politique majoritaire, a contribué à cette dérive. Elle représente ce qu’on considère comme une culture pré-étatique. Il faut savoir que l’islamisme est né en réaction à l’Etat moderne. L’Etat a commencé à être contrôlé en tant que système aux dépens de la transition démocratique et de la gestion des affaires publiques. Normalement, lors d’une transition démocratique, il faut d’abord assurer la gestion des affaires publiques car tout le monde est censé être d’accord sur le fonctionnement de l’Etat.

Quel rôle ont joué les partis politiques dans ce que vous qualifiez de « dérive » ?

Depuis 2011, avec l’élection de l’Assemblée Nationale Constituante, les partis politiques ont contrôlé l’Etat en tant qu’appareil. Tout tourne autour du pouvoir et de la quête de celui-ci.

D’ailleurs les ministères les plus disputés sont l’Intérieur et la Justice, qui selon, ces mêmes partis, sont un gage de pouvoir. Après chaque élection, les débats politiques ont porté essentiellement sur les alliances entre les partis plutôt que sur le partage des idées et des programmes. L’exemple le plus marquant reste celui de l’alliance en 2014 entre Nidaa Tounes et le parti Ennahda, alors que sur le fond tout les oppose. Une expérience renouvelée en 2019 avec l’alliance entre le mouvement islamiste et Qalb Tounes, marginalisant à chaque fois le bon déroulement de la transition démocratique.

Par ailleurs, la présence de courants politiques représentant l’ancien régime est une phase normale dans une transition démocratique post-révolutionnaire. Cela a été le cas notamment Au Portugal, en Grèce ou encore en Espagne, quand Juan Carlos a désigné le Franquiste Carlos Arias Navarro comme Premier Ministre. Aujourd’hui Abir Moussi représente une mouvance nationale libérale. C’est une droite classique qui forme une continuité radicale de l’ancien régime. Elle existe dans toutes les démocraties.

Quelles en sont les conséquences ?

Ce jeu d’alliance a fait émerger le phénomène de « tourisme politique ». Ce dernier a fragilisé la confiance des Tunisiens envers la classe politique, ne sachant plus pour qui voter et vivant avec la peur d’une éventuelle trahison du candidat ou du parti qu’ils ont choisis au moment du passage aux urnes.

Nous avons vu aussi la mise en place d’un système basé sur la corruption politique, financière et médiatique, qui a donné naissance par exemple à l’alliance Ennahdha/Qalb Tounes

Quelles sont les forces de cette révolution ?

La première chose est bien sur l’enracinement de la liberté d’expression dans la société qui ne permet plus aujourd’hui un retour en arrière.

Ces 10 ans nous ont également montré que les Tunisiens restent attachés à leur Etat et à la rationalité de celui-ci. Nous sommes le seul pays qui n’est pas tombé dans le rouage de la violence généralisée.

La vivacité de la société civile (UGTT, UTICA, LTDH, etc) est aussi un gain important de cette révolution. Il s’agit là d’une spécificité que l’on ne trouve pas dans d’autres pays qui ont connu le printemps arabe, comme la Libye ou la Syrie. Elle a contribué à diminuer les risques de violence.

Enfin, la Tunisie est la seule société arabo-islamique à avoir introduit l’islam dans le débat public. C’est là un témoignage d’un pas franchi vers la sécularisation du système où l’islam politique peut être écarté par des élections, grâce notamment à un ancrage important de la culture de l’Etat-nation.

Propos recueillis par Wissal Ayadi

Chengriha évalue sa feuille de route

Le chef d’état-major de l’ANP a évalué le degré d’application et de respect de la «feuille de route» qu’il avait tracée à sa prise de fonction, au début de 2020.

Le chef d’état-major de l’ANP, le général de corps d’armée Saïd Chengriha, s’est penché sur le bilan et les réalisations de l’année écoulée lors d’une réunion, hier, regroupant les commandants de forces, les chefs des départements, le contrôleur général de l’armée, les directeurs et chefs des services centraux du ministère de la Défense nationale (MDN).

Le chef d’état-major de l’ANP a évalué le degré d’application et de respect de la «feuille de route» qu’il avait tracée à sa prise de fonction au début de 2020.

«J’ai veillé scrupuleusement, depuis que j’ai été investi de la confiance de monsieur le président de la République pour occuper les fonctions de chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, au début de l’année passée, à tracer une feuille de route claire, et j’ai œuvré à en ancrer les repères dans les esprits des responsables et commandants d’unité, lors des visites sur le terrain que j’ai effectuées aux différents commandements de forces et de Régions militaires, ainsi que durant les réunions avec les différents échelons du commandement», a affirmé le général de corps d’armée dans une allocution prononcée lors de cette réunion au MDN, insistant sur cette «vision globale qu’il appartient à tout un chacun de se conformer à son esprit, d’en assimiler les idées et de s’engager entièrement à ses objectifs».

Une vision par laquelle le chef d’état-major de l’ANP compte réaliser tous les espoirs et attentes légitimes pour la construction d’une armée forte, moderne et développée, qui sera à la hauteur de la réputation de l’Algérie nouvelle, capable de relever tous les défis et remporter les enjeux du XXIe siècle ; «une armée fière de son passé et qui marche avec constance vers un avenir prometteur».

Renouvelant ses vœux pour la nouvelle année 2021 et le Nouvel An amazigh 2971, le général de corps d’armée Saïd Chengriha a fait part de son «souci» à tenir «cette rencontre (…) afin d’effectuer une évaluation objective de ce qui a été exécuté durant l’année écoulée et déterminer les défis qu’il nous appartient de relever à moyen et court termes».

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Défis

Le chef d’état-major de l’ANP a souligné que les défis rencontrés «nous appellent tous à nous hisser à la hauteur de la grandeur de l’Algérie». Il s’est dit «convaincu» que l’ANP, au regard de sa longue expérience, «est capable de préserver le legs et d’être à la hauteur de la confiance que notre vaillant peuple a investie en elle».

«En effet, ce sont d’énormes et dangereux défis qui requièrent que nous nous hissions à la hauteur de la grandeur de l’Algérie. Notre pays a été destiné, dans le temps, et est destiné encore à faire face aux défis et les relever, quels qu’en soient les sacrifices», a-t-il soutenu.

Il faut préciser que les forces de l’ANP ont lancé plusieurs offensives contre les résidus du terrorisme dans nombre de régions du pays. Deux grandes opérations sont toujours en cours : la première à Jijel et la seconde à Tipasa.

Durant l’année 2020, les forces de l’ANP ont pu éliminer 21 terroristes et en capturer 9 autres. Hier, le terroriste dénommé Mahradja Hamma, dit Abu Talha, s’est rendu aux autorités militaires à Bordj Badji Mokhtar. Ce terroriste a rallié les groupes terroristes en 2011.

Aussi, les services de la Gendarmerie nationale ont saisi un pistolet-mitrailleur de type Kalachnikov et trois chargeurs de munitions lors d’une patrouille à In Amenas.

La menace terroriste reste omniprésente, notamment après le redéploiement des groupes terroristes au Sahel, renforcés par la rançon versée en contrepartie de la libération de trois otages européens et d’un autre malien.

John Bolton appelle Biden à annuler la décision de Trump au Sujet du Sahara occidental

L’ancien Conseiller américain à la sécurité nationale, John Bolton, a appelé mardi l’administration Biden à annuler la proclamation du président sortant, Donald Trump, relative à la reconnaissance de la prétendue souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.

« L’abandon par l’administration Trump des engagements concernant la question du Sahara occidental est une erreur que l’administration Biden devrait corriger », a-t-il déclaré au cours d’une conférence de presse au Foreign Press Association.

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L’annonce du président sortant, faite le 10 décembre dernier, était liée à la normalisation des relations entre le Maroc et l’entité sioniste. M. Bolton qui a rappelé avoir travaillé avec l’ancien envoyé personnel du SG de l’ONU, James Baker, en vue d’organiser un référendum d’autodétermination au Sahara occidental a estimé que les Etats-Unis ne devraient pas ouvrir un consulat dans les territoires occupés.

Il a également indiqué que les Etats-Unis ne devaient plus parler, lors de leurs interventions à l’ONU, de « l’autonomie » du Sahara occidental mais plutôt de l’autodétermination du peuple sahraoui, un objectif « pour lequel a été créé la Minurso ( Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental) en 1991 ».

Dix ans se sont écoulés depuis que le vendeur de rue tunisien Mohamed Bouazizi a déclenché le printemps arabe

Dix ans se sont écoulés depuis que le vendeur de rue tunisien Mohamed Bouazizi a déclenché le printemps arabe lorsqu’il s’est mis en feu. Un jeune homme égyptien sans emploi a été bientôt suivi par un jeune homme égyptien qui s’est fait écraser le crâne par des détectives de police dans la ville d’Alexandrie. Les chefs d’État ont été renversés en Tunisie, en Égypte et au Yémen à la suite de soulèvements populaires.
Mais l’élimination des individus n’a pas favorisé le changement total, et les institutions laissées par ces individus ont pris le relais. Alors que le printemps arabe a donné des résultats en Tunisie, en Algérie et au Soudan, il a poussé le Yémen et la Syrie dans les guerres civiles. Alors, où en sommes-nous aujourd’hui ? Est-ce l’hiver, l’automne ou les manifestations au Liban et en Irak et les tentatives de solutions politiques en Libye forment une relance printanière ?
Discuter de ces questions et d’autres questions entre 8:30 h 8:30 et 9 h 9 Est., du professeur tunisien Kamal Ben Younes, académique et journaliste, journaliste et analyste des médias régionaux, du journaliste américain Sameh Elhady et des États-Unis M. Abdulhakem Alsadah, qui est le président et fondateur de ′′ L ‘ association nationale des Américains yéménites NAYA.
Rendez-vous à Radio Baladi à 8 h 8 et 5 h 5 HNE le vendredi 8 janvier 2021 en tant que journaliste renommé Dr. Atef Abdel Gawad parle de ′′ Dix ans plus tard : le printemps arabe est l’hiver arabe. ′′
Le programme sera en direct sur WNZK 690 AM, du Michigan à son audience dans le Michigan, Toledo, Ohio et Windsor – Canada
Pour écouter nos émissions des États-Unis, vous pouvez composer le 1605.472.9011.
Pour écouter directement, veuillez consulter streema.com/radios/play/WNZK
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